close

Se connecter

Se connecter avec OpenID

chapitre ii : exploiter le texte, le para texte, l`intertexte - e

IntégréTéléchargement
CHAPITRE II : EXPLOITER LE TEXTE,
LE PARA TEXTE, L'INTERTEXTE
1- INTERROGER LA PERIPHERIE DU TEXTE
1- Définition
La périphérie du texte est tout ce qui entoure le texte et n'est donc pas le texte. On
l'appelle plus communément le
para texte.
Le para texte est tout ce qui accompagne le texte, qui n'est pas écrit par l'auteur et que
l'on ne peut pas évoquer comme partie du texte. Le para texte n'appartient pas au texte,
mais peut être utilise comme première prise de contact avec lui.
2- Les composants du para texte
a. Les références
 Le nom de l'auteur ;
 Le titre de l'oeuvre d'ou est extrait le texte :
 La date de parution de I' oeuvre et l'édition.
Ces éléments peuvent servir a éclairer le texte. Ils donnent au texte un contexte dans I'histoire
littéraire. Ils rattachent le texte a un mouvement littéraire ou à un événement historique. Par
exemple, un texte écrit par un auteur algérien et date de 1993 ne peut que porter des marques
de la situation de violence dans laquelle vit le peuple algérien. Même si ce texte n'appartient
pas a l'écriture de I' urgence, il en porte les stigmates.
b. Le titre du texte
Parfois le texte porte un titre qui a été donne non par l'auteur lui-même mais par
quelqu'un d'autre (I'auteur du manuel all est insère le texte par exemple). Le titre éclairé Ie
texte, mais cet éclairage lui est donne par quelqu'un d'autre que l'auteur.
Ainsi, faut-il le prendre avec beaucoup de précaution et surtout ne pas Ie considérer
comme une partie du texte.
3- Le chapeau
Le chapeau est une petite introduction (imprime en général en italique) qui précède le
texte et en donne des informations nécessaires a la compréhension de l'extrait :
• situation du texte ;
• précision sur les personnages et sur l'intrigue.
Ces précisions permettent non seulement de comprendre certains éléments narratifs du
texte mais aussi de situer le texte dans son contexte historique, littéraire ou biographique, d'en
expliquer certains aspects.
Qu'il s'agisse de références au d'un paragraphe de présentation, le para texte donne des
informations nécessaires a la compréhension du texte.
N.B. : On peut J ire et comprendre un texte même en n'ayant pas lu l'ouvrage d - ou le
texte est tire. pas littéraire l ' auteur et le courant littéraire auquel il appartient est plus gênant :
cela nous prive de pistes de recherches.
Bien que le para texte apporte souvent la possibilité d'émettre des hypothèses de sens, il a ses
limites : en aucun cas on ne peut faire du texte un écho amplifie du para texte, ne peut pas se
référer au para texte comme on s' appuie sur le texte lui-même.
II- OUVRIR LES TEXTES VERS LES AUTRES TEXTES
1- L'Intertextualité : Définition
On ne peut envisager un texte sans penser a ceux qui ont été écrits auparavant. En
général tout texte est a différents degrés une « réécriture ». En effet, les thèmes traites par les
auteurs sont en nombre limite. Pourtant les textes développant ces thèmes sont infiniment
varies car chaque auteur a sa façon originale de les dire en s'inscrivant dans une tradition pour
l'imiter ou la rénover, la suivre ou la contester.
Tout texte porte en lui les traces d'un héritage culturel : à travers lui peuvent se déceler
les influences dont il porte témoignage, consciemment ou inconsciemment. Ainsi, l'auteur
construit son texte en exploitant, volontairement ou involontairement, des fragments de textes
antérieurs, C'est cela l'intertextualité, notion mise en place par Bakhtine dans les années 20 et
reprise par Kristéva dans les années 60. Dans Semiotike (le seuil 1969), Kristéva définit
l'intertextualité comme une «permutation de textes»: «Dans l'espace d'un texte plusieurs
énonces pris ad' autres textes se croisent et se neutralisent». Il ne s'agit pas, pour Kristeva, de
plagiat ou d'imitation. C'est pourquoi lire un texte c'est l'ouvrir vers les autres textes qui ont
participe a son tissage, sa construction. Lire un texte c'est retrouver dans sa textualité les traces
de textes antérieurs, fragments dissémines. C'est lire l'Intertexte,
Gérard Genette définira, après Kristeva, l'inter textualité de manière plus large. Dans
Palimpsestes (Le Seuil) il désigne par transtextualité « tout ce qui met (un texte) en relation
manifesté ou secrète, avec d'autres textes ». La trans textualité présente ' genres de relation:
L 'architextualité : la relation qu'un texte entretient avec la catégorie générique a
laquelle il appartient ;
La paratextualite : la relation d'un texte avec son paratexte (préface, exergues,
postfaces, etc.) ;
La metatextualite : la relation de commentaire qui « unit un texte avec un autre texte
dont il parle, sans nécessairement le citer (le convoquer), voire, a la limite, sans le nommer...
C'est par excellence la relation critique"».
L'intertextualite : la relation de plagiat, citation, allusion.
2- Les différentes formes de l'intertextualite
Par rapport à Kristeva, Genette donne de l'intertextualite une définition plus restrictive.
C'est « la relation de coprésence entre deux ou plusieurs textes, ( ... ) la présence effective d'un
texte dans un autre », Elle comprend :
La citation: Elle est la forme la plus explicite, la plus visible et la plus littérale de
l'intertextualite. Elle est reconnue grâce a des codes typographiques: (emploi des guillemets,
des caractères italiques, décalage de la citation ... ). La citation permet très souvent a I' auteur
de situer l'oeuvre dans un héritage culturel et d'indiquer au lecteur la tradition a partir de
laquelle il doit lire le texte.
Le plagiat : C'est un emprunt non déclare, mais littéral a un texte littéraire. Aucune
référence n'est indiquée.
L'allusion: Elle est la forme la moins explicite et la moins littérale, C est un énonce
dont la pleine intelligence suppose la perception par le lecteur d'un rapport entre le texte cible
et un autre auquel renvoie necessairel11ent telle ou telle inflexion, autrement non recevable.
L'allusion repose sur l'implicite et suppose que le lecteur comprenne qu'il s'agit d'un jeu de
mots ou d'un clin d'oeil,
3- Le rôle et le fonctionnement de l'Intertextualité au niveau des genres
L'imitation des oeuvres des écrivains de l'antiquité gréco romaine a été au centre de
l'esthétique des auteurs du XVIe siècle (renaissance, la Pléiades) et de ceux du XVIIe siècle
(Racine, Corneille, La Fontaine, ... ). Seulement, comme le dit LaFontaine, il ne s'agit pas
d'un esclavage: «Mon imitation n'est pas esclavage », mais d'une reconnaissance de la qualité
des Anciens et d'un désir de les dépasser. Pascal le conçoit ainsi : « L'imitation est une
émulation. Qu'on ne dise pas que je n'ai rien dit de nouveau. La disposition des matières est
nouvelle» (Pensées, P22).
Les écarts entre le texte et son modèle sont dus a plusieurs
paramètres: le contexte, les buts de I' auteur, le public vise. Pastiche et parodie fonctionnent
dans l'imitation mais avec des visées différentes de celles des modèles empruntes. Faisant
appel a l'intertextualité, le pastiche consiste a faire croire que le texte a été écrit par l'auteur
qu'on imite, alors que la parodie détourne le texte original dans une intention comique.
3-1- Le Pastiche
Le pastiche est un jeu littéraire dans lequel l'auteur imite le style d'un écrivain sans
intention agressive ou moqueuse. Le terme de pastiche, introduit en France au XVIIIe siècle,
fait référence aux imitations des grands maîtres. C'est une imitation pure du style. En
littérature, il désigne plus simplement un texte écrit « a la manière de ».
Visant à mettre en évidence la supériorité de son modèle
pour qui il éprouve une admiration sincère, le pastiche a souvent été pratique comme exercice
d'apprentissage pour se former auprès de « bons » auteurs et de leurs «belles» oeuvres.
Souvent, le pastiche peut devenir parodie en prenant, selon les intentions de l'auteur, des
connotations ironiques.
3-2- La parodie
l'esprit dans lequel est écrite une parodie est différent de celui du pastiche. C'est
également une imitation dune oeuvre en général célèbre et sérieuse mais dans le registre
comique ou humoristique pour produire un effet plaisant et burlesque. «Familia» veut dire en
grec «chanter faux» pour se moquer, ridiculiser, polémiquer. Le régime de la parodie est donc
ludique.
La parodie tourne en dérision le texte initial pour faire rire.
On peut parler de transposition burlesque: on passe d'un registre noble du texte parodie au
registre bas de la parodie.
La parodie pratique la dévalorisation en modifiant des éléments formels, comme les
sonorités, Ie vocabulaire.
Jacques Prévert transforme le proverbe «partir c'est mourir un peu » en « Martyr. c'est
pourrir un peu ».
« Prends un siège Cinna et assis-toi par terre et pour bien parler commence par te taire »
remplace :
((Prends un siège, Cinna, prends,et sur toute chose
Observe exactement la loi que je t'impose
Prête, sans me troubler, I 'oreille ([mes discours.
D'ancien mot, d'ancien cri, n'en interromps Ie cour
Tiens ta langue captive: et si ce grand silence
A ton émotion fait quelque violence,
Tu pourras me répondre après tout a loisir Sur ce point seulement
conte mon désir»
(Corneille, Cinna)
La parodie vise principalement à faire rire mais permet également de démystifier un
texte classique dont on veut se moquer.
La parodie désigne tout détournement a visée ludique ou satirique d'une oeuvre.
La parodie déformée, caricature l'oeuvre originale en forçant le trait. Elle joue des
anachronismes et mélange les registres et les genres et emprunte très souvent le registre
burlesque.
La parodie repose donc sur des effets de décalage.
3-3- L'Oulipo
Si au XIX siècle, les écrivains romantiques, qui privilégient le génie personnel de
l'auteur, mettent en avant la recherche de l'originalité et pratiquent donc très peu la réécriture,
au XX siècle, les jeux de réécritures sont de nouveau a la mode, C'est le cas des surréalistes qui
voient dans la réécriture un moyen de se libérer d'un héritage rhétorique pesant.
La réécriture est aussi un champ d'expérience et exercice de style pour les écrivains de
l'Oulipo (Ouvroir de littérature potentielle) de Raymond Queneau et George Perec dont les
recherches visent à renouveler le langage.
4- Stratégies de lecture
Pour lire un texte, le faire vivre, il faut donc l'ouvrir vers les autres textes dont il porte
traces, Le lecteur averti doit savoir déceler ces autres textes, et lire lintertextualite. C'est-à-dire
rechercher comment un texte fait écho ad' autres textes implicitement ou explicitement, par
allusion, citation. transformation, Dans sa lecture, il recherchera les rapports que le texte
entretient avec d'autres textes (emprunts, sources, ",), La comparaison entre le texte cible et les
autres textes conduisent a saisir la spécificité du texte étudie et l'originalité de la mise en
oeuvre du thème présente.
II est donc souhaitable, sinon nécessaire de connaître un grand nombre de textes pour
avoir des points de repères et pouvoir apprécier Ie traitement particulier d'un thème dans un
texte donne,
2EME PARTIE
INTERROGER LE GENRE
INTERROGER LE GENRE DE L'OEUVRE
Les oeuvres sont, dans la littérature française, traditionnellement classées par genre:
roman. Poésie, théâtre, essai. Ces catégories, loin d'être figées et fixes, ont évolue,, travers les
siècles. Aussi est-il nécessaire, après une définition assez générale de chaque genre, de situer
chacun d'eux dans une perspective historique, puis d'en donner les catégories,
Nous analyserons la notion de genre telle qu elle apparaît dans la littérature française.
La littérature maghrébine empruntera les catégories classiques des genres en leur ajoutant des
caractéristiques prises dans la littérature arabe (Quissa, Maquamat) et dans la culture
maghrébine
Aussi, pour cette littérature maghrébine, il serait plus judicieux de parler de « texte »
comme Ie définit Julia Kristeva :
« Le texte n'est pas un ensemble d'énonces grammaticaux ou agrammaticaux : il est ce
qui se laisse lire (travers la particularité de cette mise ensemble de différents strates de
la signifiance ici présente dans la langue dont il éveille la mémoire : l'histoire. C'est dire
qu'il est une pratique complexe dont les graphes sont à saisir par une théorie de 1'acte
signifiant spécifique qui s'y joue à travers lu langue. Pluriel, plurilinguistique parfois et
polyphonique souvent (de par la multiplicité de types dénonces qu'il articule), il
présentifie Ie graphique de ce cristal qu'est le travail de a signifiance. ))
« Le texte et sa science, Julia Kristeva »
CHAPITRE I : LE ROMAN
1- DEFINITION
Selon I' étymologie du mot le « roman» est un récit en langue romane, qui au moyen
age, par opposition au latin, réserve a une élite, est la langue populaire, l'ancien français.
Le projet du roman est de vulgariser des aventures, de les enrichir d'incidents et de
personnages, toujours plus nombreux. La loi du roman est le foisonnement.
L'incipit est le début du roman, l'exipit, ou l'épilogue, la fin.
Le roman repose sur l'illusion que suscite la rêverie romanesque : le lecteur s'identifie
au héros.
Le romanesque donne alors forme a l'expérience, car il installe «le jeu des possibles»
pour un héros qui éprouve sa liberté dans un vaste monde semé embûches. Ce qui dresse
l'individu contre la société: Ie héros défie l'ordre social pour non seulement éprouver cette
liberté, mais aussi pour dénoncer les mensonges de cette société. Tout cela, dans le roman, se
fait par Ie biais de la conscience du personnage.
L'originalité du roman est donc dans sa liberté de choisir sa forme, en dehors de toute
régie préétablie, de remettre en cause les valeurs du monde qu' il décrit, Le roman nous montre
l'envers du décor.
II- PERSPECTIVES HISTORIQUES
AU MOYEN AGE, la forme du roman est versifiée afin de favoriser la mémorisation
du texte (l'imprimerie n'existait pas encore) : le Roman de la table ronde, Ie Roman de la
Rose. Ie Roman de Renart. Ces romans, proches encore de l'épopée, expriment des idéaux
chevaleresques ou courtois. Le récit médiéval est souvent épique : c'est la chanson de geste (La
chanson de Roland) qui avec une dimension historique et guerrière, met en avant les qualités
extraordinaires du chevalier.
A LA RENAISSANCEI, Ie roman, en prose et non plus en vers, devient réaliste et
dénonciateur, exposant la philosophie humaniste du XVIe siècle. François Rabelais, mêlant
culture populaire et savante, présente par Ie biais de la comédie et de la parodie, l'idéal et
I'enthousiasme humaniste: Gargantua, Pantagruel, Le Tiers Livre, Le quart Livre, Le
Cinquième livre.
AU XVIIe siècle, Ie roman prend Ie sens de roman tel qu'on I'entend aujourd'hui: le
roman, sous la poussée (fun individualisme se développant, met en scène un personnage
singulier. Contrairement a la poésie et au théâtre, genres nobles soumis a des règles précises, Ie
roman garde sa dimension populaire et une liberté dans l'expression. Plusieurs courants se
détachent :
• le roman précieux qui met en scène des personnages appartenant a la noblesse. L'amour
avec ses codes et ses intrigues, en est Ie thème dominant.
• le roman comique qui s'inspire de la littérature picaresque espagnol. Le personnage,
pris dans un milieu autre que celui de la noblesse, va d'échec en échec, dans une société
bien réelle. En 1614, la traduction de Don Quichotte de Cervantès influencera
profondément Ie roman français.
Scarron, Furetière, Edmond Rostand sont les principaux auteurs comiques.
• le roman d'analyse : La princesse de Clèves de Mme de Lafayette, présenté à travers
une histoire d'amour, un roman d'analyse.
• le roman à lettres : qu'elles soient fictives ou réelles, les lettres connaissent un grand
succès au XVIIe siècle. L'oeuvre de la marquise de Sévigné est très célèbre. Dans les
lettres qu'elle échange avec sa fille, Mme de Grignan, elle trace des portraits de gens
quelle rencontre dans les salons précieux et it la cour quelle fréquente.
AU XVIIIe siècle, le roman essentiellement d'amour, connaît un développement
important. Les intrigues sont compliquées et les sentiments des personnages finement analyses,
car Ie plus important pour les auteurs, ce sont les détails de la vie concrète et les marques de la
nature humaine. Les romanciers cherchent à donner l'illusion de la vérité et affirment que leurs
oeuvres sont réelles (cf. les lettres persanes que Montesquieu prétend avoir découvertes et
traduites du Persan).
- Quelques romanciers - Le sage Gil Bias (roman picaresque) ;
- Abbe Prévost: Manon Lescaut (Passions. fatales) ;
- Marivaux : La vie de Marianne, Le Paysan parvenu;
- Denis Diderot : Jaques Ie Fataliste (renouvellement de la forme
ou Ie lecteur est sans cesse sollicite), Le neveu de Rameau ;
- Jean Jacques Rousseau: La nouvelle Heloise (roman épistolaire qui raconte la passion
impossible de jeunes gens de condition différente) ;
- Chaderios de Laclos : Les liaisons dangereuses (roman épistolaire qui raconte le
relâchement des moeurs de l'aristocratie ou l'amour n'est plus qu'une sorte de jeu social).
AU XIXe siècle, grand siècle du roman, Ie roman continue à se développer avec comme
objectif représenter la réalité en s'inspirant de la démarche scientifique (le réalisme pour la
1ere moitie du siècle puis le naturalisme). Sa visée est:
- d'étudier l'évolution et la transformation d'un personnage confronte aux difficultés de
l'existence (Le Père Goriot de Balzac, l'éducation sentimentale de Flaubert) ;
_ d'analyser la société et des caractères : Zola et sa série des Rougon-Macquart;
Marque par l'individualisme, le roman présent Ie plus souvent un personnage. Seul,
face a une société difficile. Le roman qui focalise cette problématique de l'individu se
débattant dans une société qui Ie rejette est Robinson Crusoé de Daniel Defoe (roman traduit
de l'anglais à la fin XIXe).
Principaux auteurs et courants
• Victor Hugo présente une grande fresque de la société avec Les Misérables, Notre
Dame de Paris.
• Le réalisme
_ Honore de Balzac: La comédie humaine ou a travers plusieurs romans et par le biais de
personnages qui reviennent, l'auteur représente la société de son temps.
_ Stendhal s'intéresse aux sentiments de ses personnages et vient montrer "la vérité, l'âpre
vérité" (Le rouge et le noir, La chartreuse de Parme).
- Gustave FLaubert dépeint la société de son temps: Mme tovary, I'Education
sentimentale ;
-Emile Zola: s'appuyant sur la théorie scientifique de Claude Bernard, sur l'hérédité, dans sa
saga des Rougon-Macquart il met en scène différents personnages de la même famille,
vivant dans différents milieux de la société (le naturalisme) :
-Guy de Maupassant : Bel Ami, ou Une vie sont des romans réalistes alors que certains
comme le Horla glissent vers le fantastique
Au XXe siècle, le roman revêt plusieurs formes: roman policier (Maurice Le Blanc,
George Simenon), roman-fiction, roman d'aventure, sans oublier la bande dessinée dont le
succès ne cesse de croître,
Grâce au développement des moyens de diffusion, les influences se croisent et se
multiplient : Agatha Christie. W. Faulkner. Joyce. Kafka. Aldous Huxley ont beaucoup
influence Ie genre romanesque.
De nombreux auteurs poursuivent le projet du réalisme du XIXc siècle avec analyse de
révolution d'un personnage, d'une famille ou d'un milieu social (Jean Christophe de Romain
Rolland - Les Thibault de Roger Martin du Gard - François Mauriac).
Le roman évolue et cherche à se définir. a sentir ses limites. Les écritures sont variées :
les romans méditerranéens de Jean Giono et Marcel Pagnol, côtoient les oeuvres engagées
d'André Malraux (La condition humaine), de Céline (Le voyage au bout de la nuit), de
Gide (Les Faux-Monnayeurs), le nouveau roman de Marguerite Duras. ..
- Quelques repères Marcel Proust: A la recherche du temps perdu: le temps s'enfuit et seule la mémoire des
sens reste et c'est grâce a l'écriture que le temps est retrouve. Tout en analysant la complexité
des sentiments. Proust présente une peinture de la société au début du XXe siècle:
_ J. P. Sartre: La Nausée, les mots. Philosophe engage dans le communisme, son oeuvre est
au service de sa réflexion philosophique sur le monde. C'est un écrivain existentialiste :
_ A. Camus: L'action au service des autres et la solidarité sont les seuls façons d'être heureux
dans un monde absurde (l'Etranger, La Peste, La Chute, Noces, ... ).
Le Nouveau Roman
Apres Proust et Gide, la réflexion sur les formes romanesques se poursuit. Nathalie
Sarraute, Alain Robbe-Grillet, Michel Butor, Claude Simon, poussent la technique romanesque
jusqu'a ses limites afin de renouveler Ie genre. Le roman devient alors « l'aventure d'une
écriture » et non plus comme pour Ie roman traditionnelle, « l'écriture d'une aventure ».
III- LES GENRES ROMANESQUES
1- LA NOUVELLE
Définition
La nouvelle est un récit court. Plus concentrée que le roman, elle en emprunte tous les
styles. Elle est différente du conte car elle privilégie Ie petit fait présente comme vrai.
Elle se construit en général autour du fait divers très simple: dans la Ficelle de
Maupassant, un homme a été accuse a tort par son ennemi du vol d'un portefeuille qui a été
retrouve. Tout est oriente vers la fin: l'accuse meurt pour n'avoir pas su convaincre de son
innocence. Autour de ce fait divers, l'auteur invente des épisodes, des répétitions et un suspens.
La construction de la nouvelle est linéaire. Par sa taille réduite, la nouvelle donne du relief aux
événements, même banals.
Roman et nouvelle
_ Si le roman privilégié l'analyse des faits, la présentation des personnages (portraits,
événements importants dans leur vie ... ), l'alternance des temps fort et des temps faibles, la
nouvelle concentre tout cela;
_ Si dans le roman, Ie hasard préside aux évènements, dans la nouvelle tout est prévu ;
_ La nouvelle dégage une vérité tandis que le roman est riche en signification.
Création d'atmosphère
L'action d'une nouvelle est liée a son atmosphère. C'est pourquoi l'auteur pose au début
l'espace et l'époque, qui quoique rapidement dépeints, constituent un espace approprie a l '
action.
2- LE CONTE
Définition
Le conte est un récit fictif, souvent court, issu de la tradition orale et qui dépeint un
univers merveilleux. II recouvre plusieurs genres: le conte de fée (Perrault), le conte
philosophique (Voltaire), le conte fantastique (Nodier).
Construction
Le projet du conte, contrairement au roman, est unique d'où la simplicité de la
construction.
• Un prologue rapide, exposant les éléments nécessaires a la compréhension (ou ? quand
? qui? quai ?)
• Une formule d'ouverture : il était une fois ... Jadis ...
• Le développement montre les épreuves du héros aux prises avec des forces qui
l'agressent et l'empêchent de mener a bien une quête dont il a été des le début investi.
 L'épilogue s'ouvre sur une fin heureuse.
 L'histoire est achevée mais Ie récit reste intemporel.
Les fonctions
Les personnages sont types et non analyses:
Ils sont symboliques et ne peuvent changer de caractère (sauf dans les contes philosophiques) ;
- Le fonctionnement du conte repose sur un schéma actanciel :
 Le héros qui doit conquérir un bien désire;
 Le destinateur qui attribue le bien désire;
 L'opposant qui barre Ie chemin au héros;
 L'adjuvant qui aide a accomplir sa tache.
La symbolique du conte
- Le conte présente des objets symboliques ponctuels (arbre, caillou, pantoufle, pomme ... ) ;
- Le conte contient des significations symboliques : I' angoisse de la mort, la peur du noir, Ie
refus de la sexualité ...
- Le conte en levant les interdits permet de réfléchir aux grands thèmes philosophiques.
3- LE RECIT
Définition
Le récit n'est pas imitation du réel, mais compte-rendu c'une histoire. C'est une figure
simplifiée du roman. II fait entendre une voix singulière dans un cadre narratif variable et son
écriture relève d'une esthétique de dépouillement.
Une voix singulière
L'auteur d'un récit cherche a dégager la vérité de versions livergentes,
- L'enjeu du récit est de poser LIne voix originale. Cette vois porte témoignage, non
souvent, sans impartialité.
- L'absence des marques dénonciation caractéristiques du récit, amène Ie lecteur a
conduire lui-même sa propre enquêté.
Un cadre narratif variable
Le récit est d'ordinaire mis en perspective le récit rapporte par un personnage se présente
comme fidèle à la narration orale.
Sous son apparente simplicité, le récit ruse avec Ie lecteur.
Le récit encadre est le récit secondaire qui veut s'inscrire dans le récit principal.
Le récit est sobre, son écriture est d'épouillée. L'écriture blanche: phrase brèves, usage
du présent absence d'explicites. Par sa s'implicite, par son caractère lisse, le récit fonctionne
comme une série d'énigmes contrairement au roman classique l'auteur d'un récit laisse Ie
lecteur répondre aux questions que le récit pose.
4- LA BIOGRAPHIE
Le genre du biographique inclut plusieurs sous-genres: l'autobiographie, les mémoires,
Ie journal et la biographie.
4-1- L'AUTOBIOGRAPHlE
Définition
II s'agit d'un texte dans lequel un individu parle de sa vie.
II est forme de trois mots grecs (Graphein : écriture. Bios: vie. Autos: soi-même).
Le pacte autobiographique
Philippe Lejeune définit l'autobiographie comme un « récit rétrospectif en prose»
qu'une personne réelle nous fait de sa propre existence, lorsqu'elle met l'accent sur une vie
individuelle, en particulier sur I'histoire de sa personnalité. L'autobiographie a ainsi pour
caractéristiques :
• L'identité : entre l'auteur, Ie narrateur et le personnage du livre. Le 'je' qui parle assume
les 3 fonctions, d'ou une certaine ambiguïté; s'agit-il de l'auteur qui s'adresse a ses
lecteurs, ou qui se raconte ou qui joue son personnage ?
• Le récit est recompose « rétrospectivement », D'ou un double temps: Ie temps de
l'écriture et Ie temps du récit.
- Quelques repères historiques - Dans l'antiquité, l'écriture de soi répond a une quête de sa vérité intérieure, a un examen de
conscience. Au Ve siècle, Saint Augustin dans ses confessions raconte sa conversion au
christianisme ;
- Au XVIe siècle, dans ses Essais. Montaigne n'aspire qua écrire « un livre de bonne foi » ou il
apparaîtra « en façon simple, naturelle et ordinaire, sans contention et artifice» :
- Au XVIIe siècle, «le moi est haïssable » de Pascal éclipse le genre;
- Au XVIIe siècle, il réapparaît avec « Les Confessions» de .J. .J.
Rousseau: Rousseau parle de sa vie, de son enfance et retrace la construction de sa
personnalité. Sa préface établit un véritable pacte de lecture, fonde sur la sincérité ;
- Au XIXe siècle, Ie genre s'épanouit : Ie romantisme conduit a un certain culte de soi (Les
Mémoires d'outre-tombe, de Chateaubriand). La vie d'Henry Brulard de Stendhal.
Histoire de ma vie de George Sand;
- Au XXe siècle, avec la découverte de l'inconscient par Freud. Ie genre dévoilera l'individu
avec plus de profondeur: Les mots de J. P. Sartre, Enfance de Nathalie Sarraute. Mémoires
d'Adrien de Marguerite Yourcenar.
Les visées de l'autobiographie
 Besoin de se justifier, de se connaître ;
 Besoin de témoigner dune époque, de s'engager ;
 Besoin de retrouver une sérénité intérieure;
 Besoin d'une contemplation narcissique.
4-2- LES MEMOIRES
Définitions
Au XVIe siècle, Ie terme 'mémoire' est utilise au pluriel pour designer « une relation des
faits particuliers pour servir l'histoire » (Littré). C'est sur ce point que les mémoires se
distinguent de I'autobiographie. L'objet essentiel des mémoires est l'histoire ou la société (et
non une vie intime) et Ie narrateur / auteur se présente plus comme un témoin que comme un
personnage central de I 'histoire. Dans les Mémoires de SaintSimon ou les Mémoires
d'outre-tombe de Chateaubriand: les évènements personnels et les moments historiques se
croisent.
Les caractéristiques des mémoires
• L'objectif de l'auteur qui parfois détourne l'histoire a des fins personnelles quand il
s'agit de prouver la grandeur de son destin;
• Le travail de mémoire, pour rendre immortelle une période historique donnée ;
• Le témoignage l'auteur se présente comme un témoin pour renforcer l'authenticité de
son récit :
• L'auteur est partie prenante de l'histoire, les Mémoires élaborent de l'objectivité avec de
la subjectivité (l'auteur juge, déclare aimer telle chose ou détester telle autre) :
• L'originalité. il s'agit pour l'auteur de se différencier de I 'histoire officielle.
- Quelques exemples de Mémoires - XIIIe siècle :
Geoffroi de Villehardouin, La Conquête de Constantinople.
- XIV siècle :
Joinville, Histoire de Saint Louis.
- XVIIe siècle :
Saint Simon, Mémoires.
- XIX' siècle :
Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe.
- XXe siècle :
Charles De Gaulle, Mémoires de Guerre, Mémoires d'Espoir, Andre Malraux, Antimémoires.
4-3- LE JOURNAL INTIME
Définition
Le journal intime désigne l'écriture au jour le jour d'évènements qui ne sont pas destines
a la publication. «Intime» signifie ce qui est au fond de lame et qui demeure généralement cache.
Les caractéristiques du Journal intime
 Le journal se présente sous la forme de fragments;
II existe une progression chronologique marquée par Ie calendrier ;
• Le journal est écrit a la première personne et relate des pensées, des sentiments:
• L'écriture peut être intermittente (On peut trouver des périodes de silence) mais elle est
immédiate et ne fait pas l'objet de réécriture. A la différence de l'autobiographie. le journal
intime u' est pas un récit rétrospectif,
• Son style crée l'illusion dune expression immédiate (phrase nominale. omission répétée
du sujet .. )
- Quelques exemples - Le journal de voyage de Montaigne ;
- Le journal intime d' Amiel ;
- Journal de Julien Green;
- Cahiers de Paul Valery.
Les fonctions du journal intime
 C'est une mémoire vivante qui enregistre ;
 C'est une forme de confession
 Le journal permet de construire une réflexion :
 II peut être une stimulation pour l'écriture.
4-4- LA BIOGRAPHIE
Définition
C'est le récit de la vie dune personne réelle, rédige par quelqu'un d'autre que cette
personne. Cependant, le travail du biographe n'est pas neutre : les réflexions de l'auteur sur la
personne présentée, la manière dont il nous la présente font que l'auteur s'implique dans cette
biographie. Dans L'idiot de la famille, J.P. Sartre, à travers le récit de Gustave Flaubert, nous
présente une réflexion sur les rapports de l'écriture à l'Histoire et it l'universalité.
Les différentes formes de biographie
 L'article de dictionnaire biographique : la vie de I' individu est replacée dans un
contexte historique, culturel ou littéraire ;
 La monographie de circonstance :
 La biographie littéraire qui est présentée comme un roman pour retracer le destin
d'un individu, en essayant de comprendre comment les événements de sa vie privée
ont pu influencer ses faits et gestes dans la vie publique.
4-5- L'AUTOFICTION
- Définition
C'est une sorte d'autobiographie romancée. Pour raconter une expérience, un auteur
peut inventer une histoire parfois écrite à la 3emc personne mais qui rend compte de faits ou de
sentiments qui 1'ont profondément touche. Sous cette couverture fictive (la distance imposée
par la 3éme personne), il est plus facile d'exprimer les moments de crise. L'auteur se projette sur
un double fictif (Omar dans La Trilogie de M. Dib).
Conclusion: Le problème essentiel pose par le genre biographique est celui de la
sincérité et de la vérité. La mémoire étant sélective, l'écriture étant un choix, l'auteur du
biographique, est souvent plongée dans Ie mentir vrai.
4-6- LE ROMAN EPISTOLAIRE
Définition
Le roman épistolaire qui connaît son apogée au XVIIIe siècle avec la publication de La
Nouvelle Héloïse de LJ. Rousseau, est un roman constitue de lettres échangées par des
correspondants. C'est une forme privilégiée de la subjectivité. Des la fin du XVIIe siècle, la
philosophie de Locke pense le monde par rapport au sujet. La connaissance du monde
extérieur, est accessible par 1'experience « sensible », immédiate de la réalité. Le roman
épistolaire repose ainsi que la vraisemblance qui d'ailleurs conduit peu a peu le roman vers le
réalisme,
Les caractéristiques du genre épistolaire
• L'éclatement du point de vue narratif: il n'y a plus un seul narrateur, mais plusieurs voix
qui se répondent et créent ainsi une polyphonie. Plus de voix unique d'ou émanait une
vérité assurée, Les différentes lettres rapportent Ie point de vue des différents
personnages sur un fait et témoignent ainsi du caractère subjectif de toute vision de
chose;
• L'illusion romanesque: elle consiste a tenir pour vrai la fiction présentée, en faisant
croire que les lettres émanent de personnes réelles, qui ont existe, et non du romancier.
Cette illusion repose sur un triple précède :
- L'avertissement de l'éditeur qui fournit les informations concernant la découverte de
lettres, leur authentification. II assume une fonction de découvreur, d'informateur,
d'éditeur, de copiste, de traducteur (cf. Montesquieu et les Lettres Persanes).
- Le pacte de lecture : chaque lettre est une réponse la lettre reçue. Les lettres produisent
une structure en miroir ou chaque point de vue renvoie a un autre par un système
d'échos.
- La préface, nécessaire et toujours présente dans un romar épistolaire, crée l'illusion
romanesque.
- Quelques exemples du roman épistolaire - Les lettres persanes de Montesquieu. (1721) ;
- La Nouvelle Helofse de J.J. Rousseau. (1761);
- Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos. (1783).
CHAPITRE II: LA POESIE
1- DEFINITION
Le mot « poésie » vient du grec poiein qui signifie «créer», la poésie étymologiquement
apparaît, donc, comme la création à travers le langage. La mythologie grecque indique que la
poésie et la musique divine sont fortement liées : les neuf muses, filles de Zeus, étaient des
chanteuses divines et étaient conduites par Apollon, dieu de la musique et la poésie Orphée
accompagnait ses chants dune lyre.
La mythologie grecque fait de la poésie un don divino
II- LES PERSPECTIVES HISTORIQUES
Au Moyen Age, la littérature médiévale en ancien français est une littérature en vers.
Aussi est-il indispensable de séparer poésie et narration (ce que plus tard sera Ie roman). Cela
est dû au fait que l'imprimerie n'existait pas encore, la diffusion se faisait oralement (de place
publique en place publique ou de château en château).
Cette récitation s'appuie sur la forme versifiée car cette dernière favorise la
mémorisation. La poésie était :
Epique (elle présente l'héroïsme guerrier de chevalier: la chanson de Roland) ;
Courtoise (elle présente l'idéal chevaleresque qui associe aux valeurs de la courtoise, prend
une véritable dimension mystique: Le Roman de la Table Ronde de Chrétien de Troycs qui
sont principalement en quête du vase qui aurait contenu le sang du Christ, « Le Tres-SaintGraal ») ;
Lyrique (elle fait l'éloge de la femme aimée : la chanson de toile
- XIIe siècle - récitée aux femmes occupées à broder) :
Trois potes peuvent être retenus : Rutebeuf, Charles d'Orléans et François Villon.
Au XVIe siècle, les poètes jouent un grand rôle dans le mouvement humaniste. Deux
mouvements sont a retenir :
L'école lyonnaise : qui est sous influence italienne: les poètes s'inspirent des sonnets de
I'amour courtois de Pétrarque (XIV e), Maurice Scève, Louise Labé expriment leur passion
amoureuse et les méandres de l'amour courtois.
La pléiade : qui réunit un groupe de poètes autour de Pierre Ronsard. Ce sont d'anciens
élèves de l'helléniste Dorat.
La Pléiade a marque I'histoire de la poésie pour plusieurs siècles, en introduisant les
modèles de l'Antiquité. La pléiade a également introduit Ie sonnet, forme poétique qui durera
plusieurs siècles. Le projet des poètes de la Pléiades est double: inviter les Anciens mais aussi
affirmer les qualités spécifiques de la langue française.
- Quelques poètes _ Marot (1496-1544) : Poète de la cour de François 1ere, il a écrit des satires, des élégies
(poèmes lyriques exprimant des sentiments mélancoliques) et des épîtres (lettres en vers). II
reprend les formes et les précédés de la poésie médiévale.
_ Joachim du Bellay (1522-1560) : Poète lyrique et satirique, il fait l'éloge de la langue
française (Défense et illustration de la langue française). Ses principaux recueils : L'olive,
les regrets, les antiquités de Rome.
_ Pierre de Ronsard (1524-1584) : Poète favori de la soeur du Roi, Marguerite de France, il
affirme la haute fonction des poètes. Sa pensée est épicurienne (il faut profiter de la vie)
dans des poèmes très connus: comme « Mignonne allons voir», Sonnets à Hélène. Ses
principales oeuvres odes, Amours, Hymnes ».
Au XVIIe siècle la naissance en 1634 de l'Académie française a contribue a poser les
règles de la littérature en général et de la poésie en particulier. C'est Ie siècle de l'esthétique
classique. Boileau rédige son Art Poétique (1674) Où il exprime la doctrine de l'esthétique
classique : recommandant limitation des anciens, il y présente les différents genres littéraires
et les règles auxquelles les auteurs doivent se soumettrent.
Par ailleurs la poésie est au service de l'éloquence théâtrale (Racine, Corneille,
Molière) et de la narration dans Les Fables de la Fontaine.
AU XVIIIe siècle, la poésie est un genre peu développe, le siècle étant celui de la
raison. Le seul poète a retenir est Andre Chénier (1762-1794).
Au XIXe siècle, la poésie subit de grandes transformations. Marquée au début du siècle
par l'affirmation du "moi romantique, elle va se transformer progressivement, remettant en
cause ses règles, se cherchant de nouveaux modes d'expression et de nouvelles visées. Trois
grands mouvements sont a retenir :
Le romantisme, venu d'Allemagne, met le 'moi' au centre du monde. D'ou une poésie
lyrique qui exprime les sentiments et les passions. D'autre part, le poète romantique subit le
mal du siècle qui est le mal de vivre : alors qu'il aspire a des valeurs spirituelles, le monde
l'enchaîne a des valeurs matérielles.
Par ailleurs, le poète romantique se considère investi dune haute fonction: c'est un
prophète, qui doit transmettre ses connaissances aux hommes.
Les principaux poètes romantiques sont : François Rene de Chateaubriand (17681848). Alphonse de Lamartine (1790-1869), Alfred de Vigny (1797-1863). Alfred de Musset
(1810-1857), Gérard de Nerval (1808-1855), et Victor Hugo (1802-1885).
Le Parnasse fait du poète un artisan du langage. Regroupant des poètes comme
Leconte de Liste, Jose Maria de Heredia, Théophile Gautier, il prône le travail sur Ie langage
et la perfection de la forme
Deux poètes sont à citer :
Paul Verlaine (1844-1996) considère que la poésie doit atteindre la légèreté de la
musique.
Stéphane Mallarmé (1842-1898) qui accorde une importance essentielle au travail de la forme
qui doit lui permettre d'atteindre a la perfection. Pour lui, un sonnet est fait de mots et non
d'idées et les mots sont lestes d'encre.
Le symbolisme pour lequel le poète est un être susceptible d'atteindre à une réalité
supérieure. Il cherche à déchiffrer le monde comme on déchiffre des symboles. Pour
Rimbaud, le poète est un «voyant» dont le but est d'accéder, grâce au langage, (1'Alchimie du
verbe), a une réalité supérieure,
Ces deux derniers courants (Ie Parnasse et le symbolisme) ont été induits par Charles
Baudelaire (1821-1867). Héritier de Victor Hugo et de sa conception romantique du poète, il
voit dans le poète un être ayant accès au monde des symboles. Les fleurs de Mal et petits
poèmes en prose expriment son déchirement entre un ennui pro fond (le spleen) et l'idéal qui
lui parait inaccessible. Il cherche a retrouver les Correspondances entre l'homme et le cosmos
pour retrouver l'harmonie originale et Ie bonheur primordial de I'homme avant la déchirure qui,
avec I'introduction de l'Histoire et de la logique, a introduit Ie conflit entre l'Homme et le
cosmos.
Au XXe siècle, à la suite de Baudelaire et surtout de Mallarmé et de Rimbaud, la
poésie continue à se transformer en rejetant les règles mises en place par l'esthétique
classique.
Avant fa Première Guerre Mondiale, la poésie de Paul Valery (1871-1945) pousse à
l'extrême le travail sur la forme et s'accompagne d'une réflexion théorique sur la littérature.
Guillaume apollinaire (1880-1918), dans le sillage de Verlaine, contribue au renouvellement
de la poésie (Alcools, Calligrammes) ;
Apres 1918, des poètes autour de Tristan Tzara créent Ie dadaïsme, mouvement
provocateur qui rejette toute la littérature traditionnelle. A la suite de ce mouvement, le
mouvement surréaliste, autour de Andre Breton, rejette le nihilisme du dadaïsme et recherche
une « surréalité », En pratiquant l'écriture automatique, le rêve éveille, Ie poète doit atteindre
cette surréalité que déjà Baudelaire et Rimbaud recherchaient.
La seconde Guerre Mondiale, voit le développement de la poésie de la résistance (Paul
Eluard, Louis Aragon. Robert Desnos, Rene Char, ... )
L'après guerre : la poésie est très différenciée mais l'influence des surréalistes est
déterminante: Saint-John Perse. Rene Char. Jacques Prévert, François Ponge, .,.
III- LES GENRES POETIQUES
1- La poésie traditionnelle (ou classique)
-La codification de la langue au XVIIe par l'Académie Française et la mise en place des
règles poétiques par Boileau ont donne naissance à la poésie traditionnelle dite plus
communément 13 poésie classique. Celle-ci repose sur des contraintes de rythme, de longueur,
d'organisation, et d'effets sonores ou musicaux.
1-1. Le vers
L'alexandrin est un vers de 12 pieds ou syllabes, coupe en général par une césure en
deux hémistiches d'égales longueurs accentues sur la dernière' syllabe, (6+6). Le vers a un
rythme binaire. Ces deux accents sont mobiles, lis peuvent se déplacer et donner au vers un
rythme ternaire (4+4+4), lis confèrent au vers un rythme régulier
Les vers plus courts (6, 8, 10 syllabes) sont également accentues mais de façon moins
formelle.
Pour obtenir le même nombre de syllabe, certains mots comportent une diérèse qui
consiste a prononcer en 2 syllabes ce qui couramment n'en fait qu'une (mystéri/eux), ou
inversement, une synérèse qui est la réunion en une seule syllabe de 2, voyelles qui se
suivent dans un mot (con/scient)
1-2, Les sonorités
Les effets d'échos sont multiples dans un vers:
A la fin du vers, les rimes sont soit pauvres (portent sur une syllabe), soit riches
(portent sur 2 au plusieurs syllabes). Les rimes féminines (terminées par -e) et les rimes
masculines doivent alterner pour éviter la monotonie.
A l'intérieur du vers, le poète peut jouer sur les répétitions de voyelles (assonances) ou
de consonnes (allitération) pour donner du relief aux images.
1-3. Les formes fixes
1-3-1. Le sonnet
D'origine italienne, prenant sa source dans la poésie pétrarquiste, il a été introduit en
France au début du XVIe par
Marot et ses règles sont fixées par Ronsard et les poètes de la Pléiades.
Ses caractéristiques
• 14 vers (alexandrin, octosyllabe ou décasyllabas) repartis en 2 quatrains et 2 tercets.
• Alternance des rimes féminines et masculines disposées en rimes embrassées (abba) ou
croisées (abab) dans les quatrains. Les tercets présentent des rimes plates (aa).
 II contient une idée essentielle
Le sonnet, largement utilise pendant plusieurs siècles. représente la perfection dans la
forme et constitue le genre poétique par excellence.
1-3-2. Le Rondeau
Poème a forme fixe, datant du Moyen Age, a été critique par la Pléiade, mais il
réapparaît, au XIXe siècle, grâce aux poètes de l'Ecole Esthétique. Conformément a sa
etyrnologie trondellus en latin médiéval), le rondeau est construit autour de la figure du rond:
par sa forme (le poème se termine en revenant sur lui-même) et par son origine (il a été écrit
pour la danse, la ronde)
Ses caractéristiques
• forme brève, il comporte 12, 13 ou 15 vers (des octosyllabes) construit sur 2 rimes
seulement 'et repartis en strophes régulières.
• reprise du 1er vers sous forme de refrain a la tin du 2eme et troisième strophe.
1-3-3. La ballade
Issu du verbe latin, ballare qui veut dire danser, elle se présente sous line forme de
chanson a refrain. Très usitée au XIVe siècle et XVe siècle, la ballade chante l'amour, mais
aussi s'empare de sujets religieux et philosophiques.
Ses caractéristiques
• 3 strophes de 8 syllabes ou décasyllabes, plus une strophe appelée « Envoi» qui
désigne le destinataire du poème.
• la ballade est construite sur un ensemble de 3 rimes qui répondent au schéma
ababbebe et pour renvoi bcbc.
• chaque strophe se termine par un même vers, Ie refrain dont le sens est intègre a
l'ensemble de la strophe.
2- La poésie a forme libre ou poésie moderne
2-l.La poésie en vers libre
La poésie en vers libre est née de la révolte du poète contre les règles jugées trop
contraignantes pour l'inspiration. Au XIXe siècle, avec les symbolistes, la révolte se durcit, la
rime disparaît car jugée trop superficielle et les vers perdent de leur régularité. La poésie libre
repose sur le rythme et les images.
Ses caractéristiques
• La disposition typographique du vers est conservée, le retour a la ligne après chaque
vers permet de structurer le poème ;
• Le vers ne comporte ni d'accent fixe, ni de rime, et la longueur n'est pas fixée.
L'irrégularité des vers donne au poème un rythme particulier ;
• L'absence de ponctuation crée des effets de fluidité, de liberté accentues par une série
d'enjambements (pour prolonger sa pensée sur 2 ou plusieurs vers) ou de rejets (pour
mettre en relief certains mots) ;
• La musique est créée par des rimes intérieures ou des harmonies imitatives, au moyen
du système accentuel des voyelles;
• Le vers libre est dépendant d'une recherche rythmique qui fait sens.
N.B.: Les calligrammes: Par l'importance accordée a la disposition typographique du
poème, en particulier a l'organisation visuelle et des blancs qui font sens, certains poètes se
sont rapproches d'autres artistes: des peintres, des dessinateurs, des auteurs de collage et ont
compose des poèmes sous forme de dessin, des calligrammes où le texte représente l'objet ou
le sujet dont il parle (par exemple Apollinaire, La Colombe poignardée, dans
«Calligrammes» 1918). Visibilité et lisibilité se conjuguent.
2-2. La poésie en prose
Baudelaire définit le poème en prose comme de la «prose poétique musicale»
(Correspondances. 1862).. Le poème en prose allie 2 genres traditionnellement opposes jusqu'
au XIXe siècle qui cherche a libère le poème de toute contrainte de forme et en particulier de
la versification. De la prose, le poète garde la liberté d'inspiration et de la poésie, la musicalité
et le jeu des sonorités.
Ses caractéristiques
• Progression claire et nette où les effets d'échos et de symétrie remplacent les rimes:
• Récurrence de figures de styles, de rimes intérieures qui créent un effet de rythme ;
• La clôture du poème fait de celui-ci un texte clos qui fonctionne de façon autonome ;
• Des thèmes prosaïques: on part de la modernité, de la "réalité quotidienne pour arriver a
une valeur symbolique. Ce qui crée l'insolite. Le pain dans le poème en prose de Francis
Ponge devient un paysage :
• Le poème allie réalisme et lyrisme.
IV- LE TEXTE POETIQUE
La fonction essentielle dans un texte poétique est le jeu sur Ie langage. La forme est
prédominante par rapport au fond.
Le langage repose sur Ie recours a limage et sur la musicalité de la langue. Cependant,
ces critères ne suffisent pas à définir Ie texte poétique. On désignera par « poème », au sens
strict, le texte qui obéit a "des réglés particulières, codifiées et rendues visibles : celles de la
versification.
1- Le rythme
Les accents et les coups déterminent des groupes rythmiques. Repérer Ie rythme d'un
vers, c'est en déterminer le nombre et compter les syllabes contenues dans chacun (binaire.
ternaire, rythme croissant ou en crescendo. rythme accumulatif…)
Le rythme dépend également de la disposition de la phrase par rapport au verso Ainsi on
distingue quelques précèdes de styles spécifiques au texte en :
- l'enjambement : la phrase ne s'achève pas a la fin du verso La construction se poursuit dans
Ie vers suivant ;
- Le rejet : un mot est rejeté au vers suivant ;
- Le contre-rejet : une phrase commence tout à la fin d'un vers et se poursuit au vers suivant.
Rejet et contre rejet mettent en relief les mots concernes.
L'enjambement suggère I'amplification d'un mouvement ou la progression d'un sentiment.
Pour interpréter le rythme, il faut mettre en relation le nombre et la répartition des
mesures avec le son du vers. Le rythme binaire ou ternaire suggère souvent la régularité et la
pérennité ; le rythme croissant, l'amplification d'un mouvement, ou d'un sentiment; Ie rythme
cumulatif, le désordre ou l'intensité
2- Les sonorités et les rimes
Le texte poétique repose sur le jeu des sonorités et le système des rimes.
Quelques sonorités
- L'allitération : répétition de la même consonne :
- L'assonance : répétition du même son vocalique.
Ces deux procédés ont une valeur d'imitation ou de mise en relief.
Pour étudier un texte poétique, il faut :
1- Etudier les marques du texte poétique en relevant les précédés lies a la versification et en
notant leur signification: toute remarque doit déboucher sur une interprétation :
2- Repérer et commenter, les précédés de style: les images" les champs lexicaux, le jeu des
mots, des sonorités. Leur commentaire est essentiel car le fond et la forme sont
indissociables :
3- Etudier les intentions de l'auteur :

Le poète est-il seulement un artisan du langage : il joue sur les significations. les
sonorités et le rythme (Ies futuristes)

Le poète révélé-t-il le monde en cherchant à le comprendre ?

Le poète célèbre-t-il le monde ou les homme ?
CHAPITRE III: LE THEATRE
1- DEFINITION
Le théâtre est un spectacle qui se joue sur une scène face à des spectateurs. Il occupe
un espace à 3 dimensions ou tout est donne a voir et a entendre au spectateur dont la présence
n'est révélée que par des rires ou des applaudissements.
Tandis qu'il écoute les personnages parler, il regarde le décor et en déduit le mode de
vie des personnages. II devine également la condition sociale de ces personnages à travers leurs
costumes. Le déplacement des acteurs, leurs gestes et leurs mimiques sont source de
compréhension pour le spectateur.
Le spectateur est également auditeur : la musique, les bruits, l'intonation des acteurs laide
dans son appréhension de la pièce. Ainsi, les répliques n'occupent pas, au théâtre, d'une place
exclusive et le sens dune pièce est construit conjointement par l'auteur et le metteur en scène.
Le théâtre est un texte où 1e langage garde une place importante (exemple dans la
comédie: le quiproquo ou deux personnes se parlent sans se comprendre est génère par le
malentendu sur le sens d'un mot).
La pièce théâtrale est traditionnellement structurée en acres et en scènes.
A l'origine, le changement d'Acte correspondait au renouvellement des bougies pour
l'éclairage. C'était le moment pour changer de décor. L'auteur faisait correspondre cette pause
technique avec une coupure dans l'intrigue.
Le changement de scène correspond à la sortie ou a l'entrée d'un personnage.
- Quelques termes spécifiques au théâtre • Les Didascalies : sont des indications scéniques données par l'auteur et qui précisent le
décor. ou les mouvements des personnages sur scène. Elles doivent être étudiées.
• Les Répliques : c'est le terme général donne aux interventions orales des personnages.
Ce sont elles qui occupent la plus grande place car au théâtre c'est la parole qui est action.
 La Tirade: est une longue réplique.
Le monologue: est une tirade prononcée par un personnage seul sur scène.
• Un Aparté: est une réplique prononcée par un personnage de telle sorte qu il ne soit pas
entendu de ses interlocuteurs, mais seulement des spectateurs. II est signale par la
didascalie « a part».
Le théâtre est un drame: Le drame, au sens premier, signifie mouvement, action.
Quand on parle de genre dramatique, de dramaturge au de dramaturge, on fait référence au sens
premier et non a celui dune action qui se termine mal.
Dans une pièce de théâtre, la parole est action car c'est elle qui fait avancer l'action.
L'exposition : c'est généralement la première scène (quelquefois le 1er acte) qui remplit
Ie rôle de présenter les différents éléments nécessaires a la compréhension: qui') quand? ou ? en
quai consiste le problème qui devra être résolu ?
L'action fait évoluer le problème posé vers sa résolution finale avec des
rebondissements et des coups de théâtre.
Le dénouement est la résolution du problème pose dans l'exposition. Il peut y
avoir des dénouements heureux si la fin correspond aux espoirs des personnages,
malheureux sil les contrarie ou catastrophe finale si la pièce comme dans la tragédie se
termine par la mort.
II-PERSPECTIVES HISTORIQUES
Au moyen âge, le théâtre est d'abord religieux : on représente la vie de saints, des
miracles. Sa visée est didactique. Les spectacles sont entrecoupes de pièces comiques. La
période médiévale connaît donc deux sortes de pièces: les mystères religieux et les farces
(Farce de maître Pathelin).
Au XVe siècle, la tragédie, issue des modèles latins, fait son apparition ainsi que la
comédie inspirée de la farce et de la Commedia dell'arte ou l'improvisation est importante.
Au XVIIe siècle, le théâtre devient un genre codifie. II doit obéir a des règles :
Règle des 3 unités: « En un lieu, en un temps (24h), un seul fait accompli doit tenir la
scène remplie » (Boileau).
Règles de la vraisemblance: 1'action doit être vraisemblable et tenir compte de la
régie des 3 unité (Ne pouvant pas représenter une bataille, il est préférable de la raconter).
Règle de la bienséance : ne pas choquer la morale du public (Ne pas représenter la
mort sur scène).
Trois genres apparaissent avec leur code d'écriture :
• La comédie (Molière): Où le dénouement est toujours heureux, les personnage sont
des personnages type (le père avare, vieux, naïf ne s'intéressant pas au bonheur de ses
enfants, des enfants amoureux et pleurnichards, le valet ou la servante ruse et plus
intelligent que les autres). La comédie inverse la réalité : dans Ie monde bourgeois ou
elle situe ses intrigues, c'est le valet qui même le jeu.
La comédie fait rire grâce à ses mécanismes.
• La tragédie (Corneille. Racine) situe son action dans Ie monde de la noblesse et
souvent s'inspire de l'Histoire. Elle repose sur des règles spécifiques :
 _ Le problème pose est au départ insoluble car il s'agit d'un conflit ou un
dilemme ;
 _ Le dénouement est malheureux car généralement la mort est a la fin et
prévisible car le spectateur sait que Ie problème n'a pas de solution.
 La tragédie a une fonction cathartique : Ie spectateur se débarrasse de ses propres
angoisses en assistant a la lutte vaine du personnage contre son destin. Anouilh écrit
au XXe siècle: «c'est reposant, la tragédie, parce qu' on sait qu'il n'y a plus d'espoir,
Ie sale espoir, qu'on est pris, qu'on est enfin pris comme un rat, avec tout le Ciel sur
son dos, et qu'on n'a plus qu'a crier ».
 La fatalité est l'autre élément de la tragédie : Ie destin emprisonne les
personnages et les conduit a la mort.
• La tragi-comédie s'apparente a la tragédie mais le dénouement est heureux.
- Les principaux auteurs Pierre Corneille (1606-1684): Le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte : les tragédies
cornéliennes accordent une grande place à la gloire et aux valeurs de la partie.
Molière (1627-1673): les précieuses ridicules, Tartuffe, L'avare, Don Juan, ... : ces
comédies, tout en divertissant attaquent la société de l'époque ainsi que le travers des hommes.
Jean Racine (1639-1698) : a l'exception de Plaideurs. qui est une comédie, Racine,
élevé dans l' esprit janséniste, à écrit des tragédies ou Ie héros tragi que, être faible et sans
pouvoir, est écrase par la fatalité : Andromaque, Britannicus, Phèdre, Bérénice.
Au XVIIIe siècle, deux dramaturges émergent: Marivaux et Beaumarchais :
 Le théâtre de Marivaux est centre sur l'amour et sur le jeu par et sur le langage
appelé le marivaudage : La surprise de I'amour. La double inconstance. Jeu de
l'amour et du hasard. Les Fausses confidences.
 Le théâtre de Beaumarchais (Le barbier de Séville, Le Mariage de Figaro),
derrière sa légèreté et sa gaîté. Participe à la satire sociale fréquente au XVIIIe
siècle.
Au XIXe sicle, le théâtre se développe par le rejet des règles classiques. C'est le drame
romantique ou les genres sont mélanges et ou la règle des 3 unités n'est plus respectée. Les
principales dramaturges :
_ Victor Hugo: Hernani, Ruy Blas, Cromwell :.
_ Alfred de Vigny : Chatterton:
_ Alfred de Musset : Lorenzaccio :
_ Edmond Rostand : (Cyrano de Bergerae.
Il y a également l'apparition du théâtre symbolique dont le but est de faire passer le
spectateur de la réalité humaine a une réalité plus profonde : Jarry. Maeterlinck.
Apparaît aussi le Vaudeville, genre populaire cornique qui se développera au X Xe
siècle.
Au XXe siècle Vaudeville (surtout à la belle époque) se développe (George Feydau,
Tristan Bernard. George Courteline) avec derrière Ie rire une critique légère de la société
bourgeoise.
Le Théâtre religieux de Paul Claude! est une oeuvre ou les genres traditionnels se
mélangent (Le Soulier de Satin, L'annonce faite a Marie, Tête d'or, Partage de Midi).
Le théâtre engage voit Ie jour avec J.P. Sartre (Les Mains sales, La P ... respectueuse)
et Albert Camus (Les justes) : Le théâtre didactique est au service de leurs idées.
La tragédie, inspirée de celle du XVIIe siècle, se renouvelle : les auteurs réécrivent en
les modernisant, les mythes anciens (J.P. Sartre : Les Mouches. Jean Anouilh: Antigone. Jean
Giraudoux : Electre, La guerre de Troie n'aura pas lieu. Jean Cocteau : La Machine
infernale).
Dans les années 50, apparaît le nouveau théâtre qui montre a travers l'utilisation du
langage l'absurdité de la condition humaine: Eugène Ionesco (La cantatrice chauve), Samuel
Beckett (En attendant Godot), Jean Genet (Les Bonnes).
III- LES GENRES DRAMATIQUES
1- LA FARCE
Définition
Spectacle de divertissement destine a faire rire, sans arrière pensée et sans intention
morale. L'effet comique est immédiat.
C'est en général une pièce courte mettant en scène des personnages types et qui peut
être comprise par tout public.
Ses caractéristiques
 Structure simple, elle se déroule de rayon continue en un seul acte ;
 L'intrigue : une tromperie ou une querelle de couples:
 Aucune analyse des personnages qui sont classés en catégorie: forts/faibles,
jeunes/vieux, maître/valet, dominants/domines. Le public se rit des maîtres
applaudit les valets dynamiques et s'apitoie sur les faibles :
 Le ressort essentiel de la farce est celui du renversement qui provoque Ie rire par
l'effet de surprise: l'exemple type est le trompeur trompe.
2- LA COMEDIE
Histoire de la comédie
Dans sa Poétique. Aristote oppose la comédie au genre noble qu'est la tragédie La
comédie s'inscrit dans une longue tradition provenant de l'Antiquité gréco-latine (Aristophane,
Plaute).
Le propre de 1a comédie est de susciter le rire, par opposition a 1a tragédie qui doit
susciter terreur et pitié.
La comédie est héritier de la farce au Moyen age.
La comédie est héritier de la Commedia dell'Arte venue d'Italie (improvisation des acteurs
a partir d'un canevas initial ou les personnages sont stéréotypes).
Molière a donne ses lettres de noblesse à la Comédie : le rire devient chez lui l'instrument
privilégie dune critique lucide de la société.
Les Différentes formes de la comédie
La comédie classique
Sujet emprunte à la vie quotidienne :
Personnages ordinaires:
Action vive et rythmée :
Structure classique (3 actes exposition, nœud dénouement)
Son but est de divertir par la peinture de la société et dénoncer le vices corriger les
mœurs.
La comédie d'intrigue
A l'aide de leurs valets, des jeunes gens cherchent a surmonter l'opposition de parents
tyranniques.
La comédie de caractère
Centrée sur un personnage, elle veut dénoncer ses défauts.
Le Vaudeville
Née au XIXe siècle, 'cette forme de comédie est agrémentée d'intermèdes chantes. Elle
se nourrit de jeux de mots et de situations cocasses (exemple l'amant dans le placard). La
tradition du Vaudeville se perpétuera jusqu'au XXe grâce au Théâtre de Boulevard.
Les procèdes comiques

Comique de situation: quiproquos, coups de théâtre, il s'agit de tous les signes qui
créent un décalage entre ce que Ie spectateur sait et ce que savent les personnages ;

Le comique de caractère ;

Le comique de gestes ;

Le comique de mots: des paroles a double sens, un mélange de niveaux de
langues, des insultes ...
3- LA TRAGEDIE
Histoire de la tragédie
La tragédie naît dans l'antiquité à Athènes, Les dialogues des acteurs alternent avec le
chant du choeur. Dans La Poétique, Aristote montre que la tragédie, en mettant en scène les
malheurs survenus a des personnages, a pour but de susciter la terreur et la pitié afin de
provoquer la 'catharsis' au purgatoire des passions;
Au XVIIe siècle, la tragédie devient un genre codifie ;
Au XIXe siècle, la tragédie laisse la place au drame romantique ;
Au XXe siècle dans le théâtre de l'absurde, des éléments tragiques témoignent d'une
angoisse existentielle.
Les caractéristiques de la Tragédie
 Le sujet est noble avec une action simple et grande:
 Elle s'achève dans Ie chagrin et la mort:
 La structure est classique: exposition - noeud - denouement;
 Les thèmes sont récurrents : I' amour, la haine, Ie sens de
L'honneur et la fatalité contre laquelle l'homme tragique ne-peut-rien :
 Le dynamisme du héros;
 Des précédés rhétoriques : l'alexandrin, l'amplification.
Ie monologue.
Les précèdes tragiques
Plusieurs registres sont présents :
 Le pathétique qui suscite l'émotion et la compassion chez le spectateur ;
 L'épique que I'on retrouve dans le récit de la mort des héros:
 Le cynisme que l'on retrouve dans l'expansion des passions du héros;
 Le tragi que intervient lorsque les personnages ont conscience que le destin les
accable et qu ils ne peuvent lutter :
 L'ironie tragique intervient lorsque les personnages constatent avec une certaine
dérision qu'ils sont les jouets du destin.
4- LE DRAME ROMANTIQUE
Définition
Inspire du théâtre shakespearien, le drame romantique apparaît au XIXe siècle. Victor
Hugo dans sa Préface de Cromwell (1827) a énoncé les principes de ce genre. C'est un
renouvellement par rapport a toutes les autres formes théâtrales précédentes. Il s'attaque a
l'Histoire car il s'agit, pour V. HUGO, d'éclairer le présent par le passe. La famille n'est donc
plus le sujet central, mais il s'agit le plus souvent de l'opposition d'un individu a toute une
société car le drame romantique se fonde sur les passions; l'amour devient une valeur
suprême face a la corruption de la société.
Les dramaturges, en situant l'action a une époque et dans un lieu bien précis, choisissent
des moments de crise qui non seulement valorisent l'individu, mais surtout posent le problème
politique toujours d'actualité : jusqu'ou peut aller 1'engagement politique ?
Les caractéristiques du drame romantique
 Au nom du principe de la liberté d'écriture, le drame romantique s'oppose aux règles
classiques: celles des 3 unités est rejetée, le mélange du comique et du tragique est
important car il signifie les contradictions humaines :
 Le découpage en Actes et en Scènes est respecte :
 Le drame romantique est écrit en vers ou en prose:
 Le héros romantique est double car d'une part il souffre comme un être humain et
d'autre part. il défend ses convictions: d'ou de longs monologues ou le héros exprime
ses doutes et son déchirement
Quelques oeuvres  1827: Cromwell.
V. HUGO
 1830: Hernani,
V. HUGO
 1834: Lorenzaccio.
A. MUSSET
 1835: Chatterton.
A. VIGNY
5- LE THEATRE DE L'ABSURDE
Définition
Le théâtre de l'absurde s'est développé au XXe siècle se faisant Ie miroir de la
préoccupation majeure des Hommes de ce siècle: l'incommunicabilité. Il revendique de
nouveaux principes dramaturgiques et traité des mêmes thèmes que le théâtre existentialiste :
l'absurde, la solitude, l'attente, la mort.
Ses caractéristiques
 Effacement des genres: le théâtre refuse la catégorisation de tragédie ou de
comédie et préfère pièce ou même « anti-pièce» (lonesco). Les frontières entre
comique et tragique sent floues ;
 Le théâtre de l'absurde est essentiellement parodique et ironique ;
 Le spectacle se joue hors du temps. dans un lieu indéfini avec quelquefois des
objets insolites (le couteau - La leçon de lonesco -. le chien en peluche. les
chaises, la pendule ... )
 Les personnages n'ont pas d'individualité- souvent sans nom propre- Les corps
malades, amputés, des clochards sont exhibes. rejetant ainsi la règle de la
bienséance :
 Le langage est en crise :
- Plus de communication: mots vides de sens :
- Il sert a détruire l'humain : dysfonctionnement dans les dialogues;
- Il est tragique car il traduit l'absurdité de la vie et la peur de la solitude.
_ Quelques auteurs - Samuel BECKETT (1906- 1989): En attendant Godot, Oh Les beaux jours- fin de
Sartre :
- Eugène IONESCO (1912-1994): La leçon, Les chaises, La cantatrice chauve ;
- Jean GENET (1910-1986) : Les Bonnes, Le Balcon ;
- Arthur ADAMOV (1908-1970) : Le Ping-Pong;
- Alfred JARR Y (1873-1907) : Ubu Roi.
IV - LIRE TEXTE THEA TRAL
Le texte théâtral est un texte littéraire qui expose une action conflictuelle sous la
forme du dialogue et qui est destine à être représente sur scène.
Pour étudier I'extrait d'une pièce théâtrale, il faut :
1- Etudier les marques de la théâtralité :
 L'oralité (ponctuation, interjection, niveaux de langue. marque de
I'énonciation,...) ;
 L'illusion réaliste ;
 La mise en scène: toutes les indications données dans des répliques et dans
les didascalies.
2- Etudier les marques du genre:
 Les precedes comiques :
 L' expression du tragique :
 Les marques du drame.
3- Etudier les personnages :
 Leur condition sociale (les niveaux de langue, temps de parole, tutoiement
ou vouvoiement) :
 Personnages principaux, personnages secondaires ;
 Personnage dominant, personnages dominé : se demander qui domine et
même Ie jeu par l'analyse du temps de parole, de l'utilisation du
vouvoiement et tutoiement, de I'utilisation des interrogations et des
impératifs.
4- Etudier les intentions de I 'auteur:
 L'auteur veut faire rire :
 L'auteur veut émouvoir ;
 L'auteur veut faire passer un message.
CHAPITRE IV : L'ESSAI OU LA LITTERATURE D'IDEES
1- DEFINITION
"Essai" vient du latin «exagium» qui signifie 'examen'. L'essai est une argumentation
ou l'auteur, par la manipulation du langage, vise a défendre une thèse dans des domaines
très varies: politique, sociologie, histoire, littérature, art, sciences, etc.
L'essai se définit comme l'expression d'une opinion personnelle revendiquée comme
telle et étayée a l'aide d'arguments.
L'essai manifeste l'engagement de l'auteur et peut ainsi prendre une tournure
polémique. Pour faire triompher sa thèse, l'auteur peut utiliser la satire ou il discrédite la thèse
adverse sur un registre comique.
L'essai devient manifeste quand il met en lumière des idées nouvelles, pamphlet
quand il attaque violemment, réquisitoire quand il condamne, plaidoyer quand il défend.
Les caractéristiques de l'essai
C'est un genre généralement en prose qui ne relève pas de la fiction;
L'auteur présente une ref1exion sur un sujet traite en cherchant a convaincre le
lecteur de la justesse de ses propos;
L'essai apporte des points de vue nouveaux sur le sujet traite. II est souvent écrit
en réaction ou en complément d'écrits précédents:
Tout en faisant une grande part à la subjectivité, l'essai reste une démarche
intellectuelle qui quelquefois emprunte à la démarche scientifique fondée sur un
raisonnement logique solide.
II- PERSPECTIVES HISTORIQUES
De grands noms jalonnent I'Histoire de l'essai ou la littérature d'idées.
AU XVIe siècle
François RABELAIS, à travers l'histoire de ses géants (Gargantua - Pantagruel)
défend Ie droit à la différence, critique la société et certains thèmes comme la guerre,
l'intolérance et souligne Ie rôle de l'éducateur.
MONTAIGNE, dans ses Essais, prose philosophique, dénonce les guerres de religion et
prône le rôle de l'éducation. En s'étudiant lui-même ("c'est moi que je peins"), il cherche à
comprendre la nature humaine.
Au XVIIe siècle
René DESCARTES publie son "Discours de la méthode pour bien conduire sa raison
et chercher la vérité dans les sciences". II propose de reconstruire à partir de la raison toutes
nos connaissances scientifiques et religieuses.
Blaise PASCAL publie les "Pensées" ou il fait une critique violente des jésuites :
janséniste, Pascal défend la doctrine de Saint-Augustin pour qui 1'univers vit dans le désordre
et la corruption et seule la grâce divine permet aux chrétiens d'échapper a ce trouble. Il dénonce
les passions et les agitations du monde pour vouer sa vie a la seule valeur essentielle : Dieu.
Jacques BOSSUET: Les oraisons funèbres sont caractérisées par la morale
religieuse.
Jean de LA BRUYERE, dans ses Caractères, présente une peinture satirique de la
société de son époque.
Au XVIIIe siècle
Siècle des lumières, de la raison et de la ret1exion les essais sont nombreux et
L'Encyclopédie est une oeuvre significative du genre. Mais c'est a travers des oeuvres de
fiction que les auteurs dénoncent la société de leur temps. le pouvoir de l'Eglise et celui de la
monarchie.
MONTESQUIEU: Les lettres persanes ; De l'Esprit des lois.
Denis DIDEROT: Le Neveu de Rameau; Jacques le fataliste; le Paradoxe du comédien.
VOLTAIRE: Zadig; Micro mégas; Candide; l'Ingénue; la Religieuse.
Jean Jacques ROUSSEAU: Discours sur l'origine et les fondements de l'Inégalité
parmi les hommes; Du contrat social; Emile ou de l'Education.
Au XIXe siècle
L'essai devient "critique" de l'Art et de la littérature :
 BAUDELAIRE, critique d'Art.
 T AINE et SAINTE BEUVE. pères de la critique littéraire.
 MICHELET. penseur de l'écriture de l'Histoire.
Au XXc siècle
Beaucoup d'essais sur l'Histoire, la littérature, la philosophic, la politique sont publics.
III- LES CATEGORIES DE LA LITTERA TURE D'IDEES
1- La littérature engagée
Dans cette catégorie, se trouvent des textes, de formes et de natures varices, qui sont
destines à être lus ou a être dits: les pamphlets, les articles de presse, les lettres ouvertes
publiées dans les journaux (J'accuse d'Emile ZOLA), les discours (L'appel du 18 juin 1940
du Général DE GAULLE).
Cette littérature dont I' objectif est de persuader et d'emporter l'adhésion du lecteur, le
poussant à agir, se base sur plusieurs précèdes :
- emploi de déictiques ;
- apostrophe directe au lecteur ; - nombreux
marqueurs ;
- répétitions;
- images fortes;
- utilisation de la première personne.
La littérature engagée porte Ie débat sur des sujets regroupes en trois types:
- les questions humanitaires ;
- les questions politiques ;
- la défense de la littérature.
2- La critique
II s'agit d'une réflexion théorique sur un certain nombre de sujets portant sur l'art et la
littérature, l'épistémologie en sciences humaines comme l'oeuvre de Gaston BACHELARD.
Dans cette catégorie se rangent les préfaces, les post-faces et tous les textes portant
sur la critique littéraire (JAKOBSON. RICOEUR, DERRIDA, KRISTEVA, BARTHES...)
dont Je but n'est pas de rendre compte d'une oeuvre, mais de multiplier les parcours pour
mieux en déployer les perspectives.
3- Le dialogue
Relevant du discours direct, le dialogue met en présence deux ou plusieurs
personnages qui présentent des idées, des arguments, des exemples pour convaincre ou
persuader leur interlocuteur, pour délibérer. C'est généralement une confrontation
d'opinions. Le dialogue est présent dans tous les genres.
Le dialogue philosophique a été mis en place par Platon dans ce qui est appelé la
méthode socratique ou la maïeutique : celle-ci consiste a faire "accoucher" les esprits de la
Vérité grâce aux vertus du dialogue.
On distingue trois types de dialogue:
le dialogue didactique: il s'agit d'exposer un savoir qui prend souvent la forme de
questions / réponses ;
le dialogue dialectique: il s'agit de résoudre un désaccord et de trouver une solution
qui met a égalité les deux interlocuteurs ;
le dialogue potemique: il s'agit d'un affrontement entre deux positions contraires.
Les différentes stratégies développées par le dialogue
- affirmer / contester une thèse par des arguments d'autorité :
- la concession faite a l'interlocuteur qui favorise l'écoute ;
- le compromis qui permet d'aboutir a une délibération qui évite la violence et les
conflits.
4- Le conte philosophique
Tout en développant une narration fictionnelle, le conte philosophique peut être classe
dans ce genre de littérature d'idées.
C'est un genre qui s'est développe surtout au XVIIIe siècle et sa forme, tout en
déjouant la censure, sert les ambitions des philosophes des Lumières : libérer l'homme de
l'intolérance et des préjugés, et favoriser, en même temps, le développement de l'esprit critique
et de la liberté de pensée. Les thèmes que l'on trouve dans Ies contes philosophiques de Voltaire
sont : critique de la guerre, de la justice, du pouvoir, de l'intolérance religieuse, du fanatisme et
des superstitions.
Ses caractéristiques
 Structure du conte traditionnel : situation initiale, événements perturbateur, série
d'épreuves, situation finale;
 Choix narratif: focalisation interne pour laisser le personnage découvrir par luimême ce dont il doit prendre conscience;
 Parodie du conte merveilleux dans une intention satirique ;
 Situations voisines du riel, des personnages familiers.
La visée du conte philosophique est essentiellement la contestation et la dénonciation de
tout ce qui entrave la liberté et Ie bonheur de I'homme.
5- L'apologue
Comme pour le conte philosophique, l'apologue, quoique développant une narration
fictionnelle, peut être classe dans la littérature d'idées.
A l'origine, l'apologue désignait un récit court, en vers au en prose, d'ou l'on tire une
leçon de morale. Sa visée est argumentative. Il peut adopter des formes différentiels : parabole
biblique, fable, poème en vers ou en prose, conte, lettre.
L'apologue, pour éviter le dogmatisme, raconte une histoire qui touche et éduque en
profondeur le lecteur, mieux que ne peut le faire de longs traites de philosophie ou de morale. II
cherche l'illustration (au moyen age, on l'appelle « I 'exemplum ») par une mise en scène alerte
de personnages, pris dans des situations exemplaires. Base sur la combinaison du discours
narratif et du discours argumentatif, l'apologue manie les symboles dans un langage simple et
donne accès a une morale stricte mais sous forme plaisante, accessible et concrète.
La fable, une forme privilégiée de l'apologue, souvent associée à Jean de La Fontaine,
est une forme d'argumentation qui raconte une histoire brève illustrant la validité dune morale.
Elle est l'héritière d'Esope et de Phèdre, fabulistes gréco-romains de l'antiquité, ainsi que de
sources indiennes, persanes, arabes (Kalila oua Dimna).
Ses caractéristiques
 elle met en scène une fiction;
 elle est écrite en vers hétérométrique ;
 elle comporte souvent une morale qui peut apparaître, explicitement, au début ou a la
fin. constituant alors une fermeture de l'histoire. La morale est souvent adressée au
lecteur par l'intervention manifeste du "Je" du fabuliste ;
 elle met souvent en scène des animaux qui, comme les personnages humains,
caricaturent des types.
3ème PARTIE
INTERROGER LE TYPE DU TEXTE
INTERROGER LE TYPE DU TEXTE
Un texte peut raconter, d'écrire, expliquer au défendre une Opinion.
On peut distinguer quatre principaux type de texte
- le texte narratif
- le texte descriptif
- le texte argumentatif
- le texte explicatif
N .B.: Il ne faut pas confondre cette classification avec celle qui distingue' les principaux
genres littéraires: roman, poésie, théâtre, essai:
Romans et pièces de théâtre sont des textes a dominante narrative, mais ils peuvent se
proposer de modifier les idées du lecteur sur le sujet aborde, ils sent alors argumentatifs. De
même pour s'ancrer dans une réalité, le roman a besoin de descriptions. II mêle donc passages
narratifs el descriptifs. Une poésie peul être à la fois narrative, descriptive et argumentative (si
elle contient un message visant à agir sur les idées du lecteur).
Aussi est-il important de connaître les caractéristiques des types de texte pour pouvoir
les repérer sans difficultés.
CHAPITRE I : LE TEXTE NARRATIF
Le texte narratif raconte soit une histoire inventée (fiction), soit une histoire tirée de
la réalité (fait divers. reportage. témoignage, biographie). Les événements relates sont lies
entre eux par une relation logique et temporelle. Il comporte des indicateurs de temps et
des verbes d'action au passe simple (actions brèves et ponctuelles), a l'imparfait (actions
longues et répétitives) et au présent de narration.
Les caractéristiques de la narration sont
1- Le narrateur
Le narrateur n'est pas l'auteur: l'auteur est un être réel qui écrit réellement l'histoire, alors
que le narrateur est un personnage qui peut dire "je" ou bien se cacher derrière un "il' et rester
anonyme. Le récit est alors mené a la troisième personne et peut donner l'impression de se
raconter tout seul. Cependant le narrateur n'est pas totalement évacue i1 choisit un point de vue ou
focalisation. En effet, le narrateur personnage (celui qui dit "je"), ne révèle que ce qu'il voit, pense
ou sait. Mais le narrateur extérieur a l'histoire peut choisir plusieurs perspectives pour présenter la
narration (ou la description). Déterminer la focalisation, c'est comprendre la position du narrateur
par rapport a l'événement raconte (ou la situation d'écrite dans le texte descriptif).
On distingue trois types de focalisation (ou point de vue) :
a- La focalisation externe : le narrateur ne connaît ni la pensée, ni les sentiments, ni
Ie passe des personnages et ne décrit que ce qui est visible pour tous comme par l'oeil de la
camera. D'ou l'impression d'objectivité. L'histoire est donc rapportée par un témoin et Ie
lecteur ne sait' que ce que sait ce témoin. Si plusieurs faits ont lieu en même temps, il ne
même que ce qui se passe la ou se trouve le témoin.
Dans les romans, l'utilisation systématique de ce précède est rare, mais de nombreux
écrivains y recourent a certains moments du roman, en particulier dans l'incipit, pour créer un
effet d'énigme qui provoque la curiosité du lecteur.
b- La focalisation interne: tout est raconte ou décrit a travers le regard d'un
personnage qui participe a ['action. D'ou l'impression de subjectivité. Le lecteur peut
s'identifier au personnage, puisqu'il perçoit le monde à travers lui.
- C'est le cas des romans écrits a la première personne du singulier, Ie pronom Je
renvoie soit :
→ a l'auteur : romans autobiographique
→au personnage principal (narrateur et auteur sont
distincts) qui raconte sa propre histoire.
→ a un personnage secondaire.
_ C'est le cas des romans écrits a la troisième personne du singulier ou le narrateur se
coule dans l'un des personnages et prend les caractéristiques de ce dernier (sexe - age psychologie - situation historique et sociale).
c-La focalisation zéro ou le point de vue omniscient: le narrateur, extérieur a l'histoire, voit
tout, sait tout sur l'action, les pensées, le passe et même l'avenir des personnages. Le narrateur
est donc doue d'un pouvoir surhumain. C'est une sorte de dieu qui possède une connaissance
absolue. On parle de focalisation zéro car, comme tout est éclairée par Ie point de vue
omniscient, il n'y a pas de focalisation.
Ce point de vue très fréquent n'étonne pas le lecteur car il fait partie des conventions
du roman.
Quel que soit le point de vue adopte, le narrateur ne nous livre que ce qu'il veut bien
nous livrer. Il est donc important de tenir compte de la focalisation choisie par l'auteur
(celle qui domine le roman ou celle qui est choisie a tel moment) parce qu'elle est toujours
révélatrice :
- soit des personnages eux-mêmes (focalisation interne).
- soit des intentions de l'auteur (l'impression qu'il veut susciter chez le lecteur).
2- La structure narrative
Le schéma narratif étudie la transformation de l'histoire : une situation initiale
stable, modifiée par un événement perturbateur, amène, après des péripéties a une situation
finale qui résout le problème pose initialement par Ie perturbateur.
Le schéma actantiel classe les personnages en Actants (sujet, objet, adjuvant,
opposant. destinateur et destinataire).'
Etudier un personnage dans un texte narratif, c'est repérer et interpréter trois
éléments:
→ Comment if est présente :
- de façon directe par le narrateur, un autre personnage ou, par lui-même.
- de façon indirecte par un comportement son apparence,son langage.
→ Quelle est son épaisseur: son identité, son statut social, son passe, son apparence
physique, son langage, ses qualités ou défauts intellectuels, psychologiques ou moraux.
→ Quelle est sa fonction :
- dramatique : le situer dans le schéma actantiel.
- symbolique : incarne-t-il des valeurs au bien un type.
3- Le temps de la narration
3-1. L'ordre de la narration
Le temps de la narration peut être
- Chronologique : les évènements sont racontes dans l'ordre ou ils se sont produits.
- Rétrospectif : le narrateur rapporte un évènement antérieur à un fait qu'il raconte. C'est un
retour en arrière (analepse).
- Prospectif : le narrateur évoque au cours d'un récit chronologique un évènement postérieur.
C'est une anticipation (prolepse).
- Tronque : le narrateur suit la chronologie mais il saute certaines périodes jugées
inintéressantes. Ce saut de temps s'appelle l'ellipse.
I1 est indispensable de déceler toute entorse à l'ordre chronologique et de s'interroger
sur son sens : pourquoi l'auteur éprouve-t-il le besoin d'anticiper sur l'avenir ? Pourquoi a-t-il
cache un évènement et ne l'a-t-il raconte qu'après-coup ?
3-2. Le rythme de la narration
Le narrateur peut modifier le temps de la narration. II peut l'accélérer en glissant
rapidement sur toute une période ou en résumant plusieurs épisodes.
Inversement il peut ralentir le rythme du récit en détaillant un évènement de sorte que
Ie temps de lecture se trouve être plus long que celui de l'action elle-même ; On parlera de
ralenti et d'intensité dramatique. Pour cela, l'auteur utilisera essentiellement deux précédés :
- répéter plusieurs fois la scène en variant les points de vue: plusieurs personnages
peuvent raconter chacun a son tour la même scène.
- interrompre le récit des évènements de la fiction par des pauses descriptives, une
analyse psychologique ou des digressions (l'auteur abandonne le sujet principal pour
en traiter un autre).
Ces accélérations ou ces ralentissements constituent
également autant d'indices porteurs de sens.
4- L'espace de la narration
Dans un texte l'espace est l'ensemble des signes qui produisent un effet de
représentation.
Pour étudier cet espace, il faut répondre à trois questions essentielles : ou se déroule
l'action ? Comment la narration présente-t-elle l'espace ? Pourquoi est-il ainsi représente ?
4-1. Où se déroule l'action '?
Pour répondre a cette question, il faut distinguer :
L'espace de l'histoire
Dans un roman plusieurs indices nous indiquent ou se déroulent les évènements
racontes. Le contexte spatial de l'histoire donne au récit sa tonalite: réaliste, fantastique,
orientaliste, mystique, mythique ... Le cadre peut être plus ou moins vaste: très ouvert si
l'action se déroule en de multiples lieux, ou bien ferme si I' action se déroule dans un cadre
étroit, et, ce, avec des effets de sens différents.
L'espace imaginaire
Le personnage, la ou il se trouve (espace de l'histoire) peut rêver a d'autres horizons.
S'imaginer dans d'autres circonstances, ou se revoir ailleurs, dans Ie passe. S'ajoute, alors, à
l'espace de l'histoire un ailleurs qui est l'espace imaginaire et qui peut faire éclater Ie cadre
de l'histoire lorsque celui-ci est très étroit.
Cet espace imaginaire est constitutif du sujet. Dans un texte de type narratif, il faut
l'étudier par rapport au personnage et non par rapport à l'imaginaire de l'auteur. Ce serait se
placer \ un autre niveau de lecture qui voit dans l'espace d'un texte la rencontre de I' espace du
monde référentiel et l'espace de l'imaginaire de l'écrivain.
II s'agit donc de repérer avec la plus grande exactitude les lieux de l'action ainsi que ce
qui les caractérise : ces lieux sont-ils étendus ou étriques? Attirants ou repoussants ? Protéges
ou dangereux ') ...
II est intéressant, par ail leurs de déterminer la relation entre ces lieux (sont-ils proches
ou lointains ? lies ou séparés?) et de s'interroger sur Ie sens du passage de l'un à l'autre lieu (ce
passage marque-t-il une étape dans le récit? Correspond-il à une transformation ou à une
évolution du personnage?)
4-2. Comment la narration présente-t-elle l'espace '?
Il s'agit d'analyser les techniques d'écriture qui permettent de représenter l'espace.
La description qui interrompt Ie cours de l'action et qui n'est pas gratuite. Il s'agit donc
d'en découvrir 1e sens en examinant:
Ie lien qui existe entre les évènements et le lieu où ils se déroulent.
Ie rôle que joue la description: un rôle purement informatif ou un rôle symbolique (la
description éclaire alors le sens du récit au l'état d'âme du personnage)
Les modalités de représentation de l'espace
l'abstraction du decor
l'insistance sur le decor
4-3. Pourquoi l'espace est-il ainsi représente ?
Répondre à cette question, c'est découvrir les fonctions de l'espace romanesque liées aux
fonctions de la narration, le lieu décrit sert à :
- dramatiser la fiction
- influer sur le rythme
- agir sur l'histoire
5- Les fonctions de la narration
La narration peut remplir les fonctions suivantes :
dramatique : relater les évènements.
argumentative: servir de preuve ou de témoignage.
symbolique : révéler une vision du monde.
Pour étudier un texte narratif, it faut :
1- Etudier les marques de la narration:
les indices temporels
les indices spatiaux
les verbes d'action, de mouvement
le temps des verbes
1es points de vue ou focalisation
2- Etudier la dynamique du récit :
alternance recite / discours
alternance recite / dialogue
3- Etudier les intentions de l'auteur :
l'auteur a-t-il voulu nous distraire ?
a-t-il voulu nous émouvoir ?
a-t-il voulu délivrer un message '?
CHAPITRE II : LE TEXTE DESCRIPTIF
Un texte descriptif constitue dans le récit une pause pendant laquelle sont présentes un
lieu, un personnage ou un objet. La description dune personne est appelée "portrait". On
distingue Ie portrait physique. qui dépeint les traits extérieurs du personnage et le portrait moral
qui évoque ses qualités ou ses défauts, son comportement, ses réactions, ses sentiments.
1- Les caractéristiques de la description
1-1. Les temps verbaux employés sont généralement l'imparfait, dans un récit au passe,
ou Ie présent.
1-2. La structure: Marquée par des indices spatiaux, la description est organisée de
l'ensemble au détail de l'élément décrit et inversement, ou par regards successifs se déplacent
pour le découvrir :
- de haut en has ou de bas en haut : progression verticale.
- de gauche à droite ou de droite a gauche: progression
horizontale.
- du premier plan à l'arrière plan: éloignement progressif
- de l'arrière plan au premier plan: rapprochement
progressif
- du centre à la périphérie : élargissement progressif.
- de la périphérie au centre : centrage progressif
1-3. Le point de vue marque la position du narrateur par rapport a la situation décrite :
- point de vue interne (focalisation interne)
- point de vue externe (focalisation externe)
- point de vue omniscient (focalisation zéro)
2- Les fonctions de la description
 esthétique ou ornementale, elle vise a bien "peindre" le lieu, l'objet ou le personnage.
 informative, elle donne des renseignements nécessaires a la compréhension du récit.
 organisatrice- elle est le lieu ou s'organise le récit par la construction du cadre du récit,
l'expression du point de vue d'un personnage, l'introduction de données explicatives sur
les événements passes ...
 symbolique, elle est révélatrice d'un personnage, des ses actions, de ses sentiments, du
milieu où il vit, ou encore d'une vision du monde.
Pour étudier un texte descriptif, il faut :
1- Etudier les marques de la description :
 les notations spatiales pour comprendre I'organisation et la progression de la
description.
 les champs lexicaux (adjectifs qualificatifs descriptifs. le vocabulaire des couleurs,
des formes. de la lumière, des sensations visuelles, vocabulaire appréciatif) pour
mieux comprendre le monde décrit.
 les verbes (verbes d'état et temps utilisée).
2) Etudier le point de vue
3)Etudier les intentions de l'auteur pour cerner les fonctions de la description:
 la description éclairs \a narration: elle ancre te récit dans un espace-temps donne et
donne au lecteur une image plus précise du contexte social. historique. géographique
et psychologique dans lequel évoluent les personnages.
 la description fonctionne comme une métaphore : elle exprime une réalité plus
profonde.
CHAPITRE III : LE TEXTE ARGUMENTATIF
Le texte argumentatif soutient ou réfute une thèse a laide d'arguments. Dans un texte
argumentatif, le metteur cherche, convaincre et a persuader le récepteur, a agir sur ses idées,
son comportement de façon a les modifier ou ales renforcer.
Le schéma du texte argumentatif repose sur :
 une thèse, c'est-à-dire un point de vue que le locuteur cherche a soutenir ou a réfuter en
justifiant sa position.
 des arguments qui sont des preuves fournies a l'appui de la thèse:
 des arguments logiques qui se lient les uns aux autres dans un raisonnement logique.
 des arguments d'autorité qui font référence a un auteur reconnu, a un spécialiste,
ou a un proverbe.
 des contre arguments destines a réfuter la thèse de l'adversaire et a l'invalider.
 des exemples qui sont le plus souvent des éléments concrets servant a illustrer les
arguments.
Dans le texte argumentatif, I' auteur peut adopter une double démarche: convaincre
en utilisant la logique et en faisant appel a l'intelligence du récepteur ou persuader en
recourant à des pro cèdes stylistiques afin de toucher la sensibilité du récepteur.
1- POUR CONVAINCRE
L'auteur développera un raisonnement et organisera son texte selon un ordre logique.
1- Les types de raisonnement
1-1- Le raisonnement inductif qui permet de passer du particulier au général, de
l'individuel au collectif, des faits aux lois générales. C'est une démarche généralisante.
1-2- Le raisonnement déductif qui consiste, a partir du général, it aller vers le
particulier. C'est le cas du syllogisme :
"Tous les hommes sont mortels.
Or Socrate est un homme.
Donc Socrate est martel."
1-3- Le raisonnement par l'absurde qui réfute une thèse en déterminant les
conséquences absurdes.
1-4- Le raisonnement par causalité qui consiste a étudier un phénomène par
l'analyse de ses causes et de ses conséquences.
1-5- Le raisonnement par analogie qui consiste a rapprocher deux domaines qui
présentent des similitudes et a dégager dans I'un les éléments nécessaires a rendre l'autre
convaincant.
1-6- Le raisonnement concessif qui consiste, dans un premier temps. a concéder a
l'adversaire des arguments qui ne vont pas dans le sens de la thèse qu'on soutient, pour ensuite
mieux introduire une objection et défendre plus librement ses propres arguments.
1-7- Le raisonnement comparatif qui consiste a mettre en relation deux éléments ou
deux domaines dont on relève les points de ressemblance et de différence.
1-8- Le raisonnement par opposition qui consiste a mettre en valeur une thèse, en lui
opposant une thèse contraire ou un argument en lui opposant un argument contraire.
2- Les liens logiques ou connecteurs
Dans to us ces types de raisonnement. I'auteur utilisera des liens ou connecteurs
logiques qui mettent en évidence les relations logiques entre les différentes étapes du
raisonnement.
Qu'appelle-t-on lien logique ?
Ce sont des mots grammaticaux de natures diverses :
conjunction de coordination: mats :
Adverbe de coordination: néanmoins ;
Conjonction de subordination: bien que;
Determinants: premier, second:
Prepositions: pour.
Voici un tableau récapitulatif des principaux liens logiques qu'il est indispensable de
connaître pour réussir une bonne analyse de texte. Notez bien que chaque lien logique a line
valeur, car if introduit un contenu.
3- la progression argumentative:
Chaque texte a sa propre progression. Il peut suivre ou combiner les progressions,
suivante:
3-1- Le plan dialectique : l'auteur présente la thèse adverse, puis il la réfute en
développant sa propre thèse et finalement débouche sur une synthèse.
3-2- Le plan thématique : l'auteur présente successivement différents thèmes qui
s'appliquent a sa thèse.
3-3- Le plan analytique : l'auteur présente une situation donnée puis I' analyse en
cherchant les causes et les conséquences de cette situation.
II-POUR PERSUADER
L'auteur voulant émouvoir et toucher la sensibilité du lecteur utilisera différents
procédés linguistiques, grammaticaux, lexicaux ou stylistiques.
1- Précédés linguistiques : l'énonciation
Pour accrocher Ie lecteur, l'auteur établit un contact entre lui et son lecteur. II
s'implique lui-même et fait participer le lecteur.
- Les marques de I' implication du locuteur sont celles de la 1ere personne : je, me, moi,
nous.
- Les marques de la présence du lecteur sont celles de la 2em, personne : tu, te, toi, vous.
« On » est un pronom indéfini a valeur ambiguë : il peut renvoyer a « je », « tout le
monde », « nous ». Mais généralement, il marque une distanciation de l'émetteur par rapport a
ce qui est énonce.
2-Procedes grammaticaux
Les temps et les modes des verbes participent a la construction du sens.
3- Précédés lexicaux
Le vocabulaire peut être appréciatif mélioratif emphatique, laudatif, ou péjoratif,
dépréciatif, mais jamais neutre ou évaluatif et influencer le lecteur. De plus, l'auteur utilisera
des modalisateurs pour marquer son jugement face à la thèse qu'il développe, sil croit ou non à
sa valeur, Les modalisateurs sont des adverbes ou locutions adverbiales comme « peut être »,
« sans doute », « certainement »... et des verbes comme « croire ». « douter », « prétendre », «
supposer », par lesquels l'auteur montre sa plus ou moins grande adhésion à l'énonce.
4- Précédés de style
L'auteur utilisera des figures de rhétoriques comme la répétition, les analepsies, les
énumérations, l'amplification.
Pour étudier un texte argumentatif, il faut :
1- Dégager et interpréter la thèse en déterminant :
- La thèse elle-même : est-elle exprimée de façon explicite ou implicite :
- La position du locuteur face a la thèse qu'il exprime : la défend-il ou la rejette-t- il?
- La présence (ou non) de thèse contradictoire.
2- Distinguer les arguments et les exemples.
3- Etudier ce qui relève de l'art de: convaincre :
- En relevant les connecteurs logiques explicites, ce qui permet de comprendre la
progression du texte, il peut s'agir :

de mots in variables (adverbes, conjonctions de coordination. conjonctions de
subordination) :

de verbes :

de noms,
- En restituant les liens ou connecteurs logiques implicites (absents) en analysant
certains indices de punctuation, justaposition de l'émetteur et sa progression
argumentative :
- En analysant le raisonnement de l'émetteur et sa progression argumentative
4- Etudier ce qui relève de l'art de persuader
- Les procédés liés a l'énonciation
- Les procédés grammaticaux
- Les procédés lexicaux
- les procédés stylistique
CHAPITRE IV : LE TEXTE EXPLICATIF
Un texte explicatif présente des informations, il répond a une question, même si celleci n'est pas toujours formulée,
Un texte explicatif permet de transmettre des connaissances sur un sujet.
Contrairement a un texte informatif, un texte explicatif ne se contente pas d'énoncer une
information mais :
 précise les causes ou les conséquences des événements ;
 indique quel raisonnement ou quelles sources ont permis d'établir I'information ou Ie
point de vue exposes;
 indique l'intérêt ou la portée de cette information;
 permet au lecteur de s'approprier réellement une information en lui donnant les
moyens de la comprendre ;
 fournit des exemples permettant de comprendre l'information;
 indique une méthode pour appliquer une consigne.
Le texte explicatif présente les informations dans un ordre logique, pédagogique, II
enseigne plutôt qu'il ne renseigne. Les dictionnaires et les encyclopédies sont de grands
producteurs de messages informatifs. Dans un dictionnaire, les articles expliquent le sens des
mots; ceux des encyclopédies informent sur Ie sujet choisi.
Les caractéristiques du texte explicatif
1- Les temps
Dans un texte explicatif, les temps les plus souvent utilises sont le présent (à valeur de
vérité générale) et l'imparfait.
On remarque que les temps utilises dans une explication sont les mêmes que ceux
utilises dans une description car quelquefois ces deux formes de discours se confondent. Mais
a la différence d'une description littéraire, une description a visée explicative doit être précise et
privée de toute subjectivité.
Un texte descriptif cherche à donner à percevoir, S'intéressant à la réalité matérielle et
palpable, aux sensations et ne cherchant pas a mettre les éléments d'écrits en relation logique les
uns avec les autres, contrairement au texte explicatif.
Le texte explicatif pourra cependant présenter des passages descriptifs.
2- Progression dans un texte explicatif
L'exp1ication étant destinée à faire comprendre, elle présente deux sortes de
progressions:
a- Du plus évident au moins évident
 énonciation d'abord des faits supposes connus du récepteur ;
 puis énonciation de ceux qui le sont moins ;
 enfin énonciation de ceux qui ne le sont probablement pas du tout ou auxquels
on ne pense sans doute pas.
b- De l'objet de l'explication en lui-même aux relations qu'il entretient avec ce qui lui est
extérieur
 les explications portent d'abord sur le fait lui-même et lui seul (causes, effets qui
lui sont internes) ;
 puis énonciation des effets plus larges qu'il peut avoir.
3- l'enchaînement des idées dans un texte explicatif
Ce sont les manières d'enchaîner les idées énoncées (et donc les phrases) qui
caractérisent nettement un texte explicatif.
Ces relations s'expriment souvent au travers de connecteurs, mais elles sont parfois
implicites (non exprimées).
3-1. L'adjonction
Utilisant fréquemment la progression thématique à thème constant, le texte
explicatif peut établir une liste d'éléments explicatifs ajoutes les uns aux autres.
- Les connecteurs employés sont alors des connecteurs d'adjonction: et, de plus, par
ailleurs, de surcroît, en outre,… .
- Certains peuvent marquer plus particulièrement une hiérarchisation précise des
éléments ajoutes : tout d'abord, ensuite; premièrement, deuxièmement ; non
seulement, mais aussi ; ...
3-2. La relation de cause à effet
L'explication cherche à manifester les liens logiques de cause à conséquence qui
existent entre les éléments qui la compo sent.
- Lorsqu'on exprime la cause (cause explicative), les connecteurs pourront être : en
effet, car, ...
→ mais on pourra aussi exprimer la cause au travers de fa subordination.
- L'explication pourra aussi exprimer la conséquence: les connecteurs seront: d'où, c'est
pourquoi, voila pourquoi, donc, alors ...
→ mais on pourra aussi exprimer a conséquence all travers de la subordination.
- On pourra même se placer véritablement dans le monde des idées abstraites en
recourant à l'hypothèse.
Dans ce cas, les connecteurs pourront être : supposons que, admettons que ...
→ mais on pourra aussi exprimer l'hypothèse au travers de fa subordination.
3-3. L'exemple
Toute explication a besoin d'exemples pour assurer sa
bonne compréhension.
- Les connecteurs seront : par exemple, ainsi. ..
3-4. La reformulation
Une explication tentera parfois de reformuler autrement une idée, pour la faire mieux
comprendre, pour nuancer.
- Les connecteurs seront : autrement dit, c'est-à-dire, cela revient à dire que, ...
- Les connecteurs, pour la nuance, pourront être : plus précisément, dans les détail, à
vrai dire, ...
3-5. Les outils pour préciser
La reformulation peut être l'occasion dune mise au point, d'une nuance. Mais une
précision peut être faite grâce à des outils spécifiques.
 La comparaison
Une explication se fera mieux comprendre en s'appuyant sur ce que le récepteur (celui
auquel l'explication est destinée) est suppose connaître.
Elle utilisera donc l'analogie, la ressemblance, en somme la comparaison. Les outils
pourront être : ressembler, c'est un peu comme si, ...
 La difference, l'opposition
Une explication sera l'occasion de relever des différences ou des contrastes et de les
assumer (ce qui évite qu'il y ait des contradictions, particulièrement nuisibles a la
compréhension),
Elle utilisera les outils de la concession, de l'opposition. Les connecteurs pourront être
dans ce cas: toutefois, en revanche, cependant, mais, par contre, ...
Pour étudier un texte explicatif, il faut :
1- Dégager la question centrale, le sujet de l'explication ;
2- Relever les relations qui existent entre les faits présentes en soulignant :
La cause et la conséquence;
Les oppositions évèntuelles ;
Les liens logiques.
et cela en repérant et en analysant les connecteurs logiques;
3- Dégager la progression.
4éme PARTIE :
INTERROGER LA MATERIALITE DU TEXTE
CHAPITRE I : L'ENONCIATION
I- Définition
Le récit et le discours constituent deux notions littéraires différentes, opposées,
cependant complémentaires.
Le récit désigne l'histoire racontée, Il met l'accent sur l'énonce lui-même, alors que
discours renvoie a celui qui raconte. IL met en avant les paroles du locuteur qui se découvre à
travers plusieurs signes formant l'acte de l'énonciation.
L'énonciation consiste a produire un énonce en utilisant les possibilités offertes par la
langue. Toute énonciation s'effectue dans une situation précise qui met en relation précise celui
qui parle (ou écrit) et celui qui écoute (ou lit).
Le texte, qui vise à produire un sens et a le communiquer, résulte d'une énonciation.
La première démarche pour comprendre Ie texte est donc de repère les marques
d'énonciation en recherchant, dans la forme de l'énonce, qui parle (ou écrit), à qui, où
et quand
II- Les marques de l'énonciation
Re1ever dans Ie texte les traces du locuteur permet de repérer les marques de
l'énonciation,
1- Le locuteur et le destinataire
Chaque acte d'énonciation met en relation un auteur (celui qui énonce) et un
destinataire (celui à qui est adresse le message). Etudier les marques de l'énonciation, c'est
d'abord repérer les indices de cette communication entre un "je" et un "tu"
a) Les marques de la personne
Les pronoms personnels (et les possessifs) de la première et deuxième personne
Le pronom indéfini "on"
- On → je
- On → nous
- On → tu - vous
b) Les marques de jugement: appelées aussi modalisations, elles permettent au locuteur
de nuancer le degré de certitude de l'énonce, en exprimant le doute, le souhait, la certitude.
Elles relèvent de la subjectivité du locuteur. On les trouve dans:
• Les adverbes modalisateurs qui renforcent la véracité de l'énonce ("bien sur",
"certainement"... ), qui l'atténuent par le doute ("peut-être", "vraisemblablement" ... )
ou qui, encore, l'intensifient ("toujours") ;
 Les verbes qui expriment l'attitude du locuteur par rapport a son énonce ("
sembler", "devoir" , "paraître'',
"supposer", "admettre", "douter") ;
 Le vocabulaire appréciatif qui exprime une opinion qu'elle soit favorable ou
défavorable. Il peut être :
 Affectif: exprime un sentiment, une émotion;
 Evaluatif: met en évidence les jugements de valeur du locuteur
 Mélioratif : valorise la situation énoncée ;
 Péjoratif : déprécie la situation énoncée.
2- Le moment et le lieu de l'énonciation
L'acte dénonciation se situe à un moment et dans un lieu repérable dans le texte grâce
aux indices spatio-temporels et a l'utilisation de certains temps et modes verbaux.
a) Les indices spatio-temporels
Ce sont les marques qui situent l'énonce par rapport a I' énonciateur :
Les adverbes ou locutions de temps qui expriment l'antériorité ("hier"), la simultanéité
("maintenant"), la postériorité ("demain") ;
Les adverbes ou locutions de lieu: ("ici", "là-bas'', ... ) ;
Les déictiques : des pronoms, adverbes, déterminants, dont le référent ne peut être trouve qu'en
prenant en considération la situation d'énonciation, c'est-à-dire, les circonstances de production
de l'énonce (qui s'exprime ? pour qui ? quand ? ou ? ). Les pronoms personnels déictiques sont
appelés embrayeurs.
b) Utilisation des modes et des temps verbaux
L'indicatif: mode du réel et de I' expression de la certitude;
Le subjonctif: mode de l'éventualité, de l'irréel ;
Le conditionnel : dans sa valeur modale, il exprime l'hypothèse, la supposition. Il marque le
scepticisme de l'auteur ;
Le présent: évènement coïncidant avec Ie moment de I'énonciation ;
Le passe compose: évènement antérieur au moment de I'énonciation ;
Le futur : évènement postérieur au moment de l'énonciation.
3- Les formes du discours rapporté
Dans un texte narratif, descriptif ou argumentatif, le locuteur peut être amène à rapporter
les paroles d'autrui. C'est Ie discours rapporte. Il existe quatre types de discours rapporte.
a) Le discours direct
C'est l'expression directe des paroles et des pensées de l'auteur ou d'un personnage
fictif. Le style direct, qui restitue la nature et Ie rythme de la parole, permet de saisir sur le vif
un échange verbal. II est donc plus vivant et parait souvent plus authentique que le discours
indirect ou le discours indirect libre, plus littéraire. II crée des effets de spontanéité, jouant sur
l'illusion de présence du locuteur.
Le discours direct est repérable grâce a :
• des verbes introducteurs déclaratifs, synonymes de dire avec des nuances:
"murmurer", "crier", "penser" ... ;
• des guillemets ou des tirets.
Le discours direct permet de créer divers effets de sens :
 il crée la spontanéité propre au discours oral ;
 il dynamise la narration et rend le texte plus vivant;
 il révèle le caractère du personnage, ses sentiments et la situation dans laquelle il se trouve.
b) Le discours indirect
Le discours indirect rapporte les paroles d'autrui en les subordonnant à un verbe
introducteur. Elles subissent des modifications: plus de guillemets, concordance des temps,
changement de personnes.
Le discours indirect est repérable grâce aux :
 conjonctions de subordinations introductives ("que", "si") ;
 changements de temps, de pronoms personnels et d'indices spatio-temporels
(ici → la ; demain → le lendemain: hier → la veille).
Le discours indirect permet :
 la distanciation du narrateur par rapport au locuteur dont on rapporte les paroles.
c) Le discours indirect libre
Le discours indirect libre est un discours intermédiaire entre Ie discours direct et le
discours indirect. Il rapporte les paroles d'autrui sans changer de système d'énonciation.
il ne garde pas les signes typographiques du discours direct mais essaie de préserver
l'intégralité des paroles telles qu'elles ont été prononcées.
il ne retient pas les marques de subordination du discours indirect mais respecte la
concordance des temps.
Il est repérable grâce a :
 Un niveau de langage différent de celui de la narration;
 Une punctuation expressive;
 Un changement de point de vue;
II permet de créer différents effets dans un texte :
 Effacement du narrateur. Ce qui permet au lecteur de pénétrer facilement dans la
conscience du personnage qui parle;
 Fluidité dans la narration: pas de rupture dans la narration.
d) Le discours narrativise
Le discours narrativise résulte d'une transformation du discours rapporte en une
narration résumée, il crée des effets d'ellipse et agit sur Ie rythme de la narration.
CHAPITRE II: LES REGISTRES LITTERAIRES
Le registre désigne la tonalite générale d'un texte. Il révèle la manière de s'exprimer du
locuteur, manière qui traduit ses sentiments, sa sensibilité, ses intentions. Le registre d'un texte
se manifeste à travers différents précèdes d'écriture : vocabulaire, rythme de la phrase, structure
du texte et des phrases, figures de style ...
1- Le registre lyrique
Tirant sa dénomination de la lyre d'Orphée, le registre lyrique vise a traduire les
émotions et les sentiments personnels du locuteur, comme la tristesse, la mélancolie, les regrets
mais aussi la joie, le bonheur, l'enthousiasme.
Ses caractéristiques
 Pronom personnel, 1ere personne ;
 Thème de l'amour, la solitude, la nature, la fuite du temps, la désillusion ...
 Champ lexical des émotions et des sentiments;
 Figures de styles propres au sentiment amoureux: métaphore, comparaison;
 Syntaxe émotionnelle : exclamation, interrogation, interjection, phrases
elliptiques;
 Musicalité.
2- Le registre pathétique
Tirant son sens du mot grec « pathos» (passion, souffrance), il cherche à provoquer
l'émotion et la pitié chez le lecteur.
Ses caractéristiques





Thème de la souffrance, la mort, la douleur, la séparation;
Champ lexical de la souffrance ;
Figures de styles de la métaphore et la comparaison pour l'expression des sentiments;
L'ellipse narrative pour suggérer l'horreur de la situation;
La ponctuation expressive: exclamation.
3- Le registre élégiaque
Il désigne l'expression douloureuse de la plainte et de la mélancolie. Il s'exprime à
travers les mêmes précèdes que ceux du lyrique.
4- Le registre épique
Associe au mot « épopée », il exalte les valeurs héroïques 'iées a de grandes actions (la
guerre, le sacrifice, ... ).
Ses caractéristiques
 L'amplification: pluriel fréquent, superlatif, énumération, hyperbole;
 Champs lexicaux de I' action et du combat;
 Forme du récit descriptif avec un point de vue omniscient et recours, parfois, au
merveilleux ;
 Utilisation des comparaisons et des métaphores qui disent ce que Ie langage courant
est trop faible pour
exprimer: la force extraordinaire du héros et la dimension peu commune de ses
exploits.
5- Le registre tragique
Le tragi que naît de la conscience que prend l'homme d'une force, interne ou externe,
qui l'écrase et le rend incapable d'utiliser sa volonté.
Ses caractéristiques




Un niveau de langue soutenu ;
Champs lexicaux de la fatalité, du devoir ...
Allusion a une instance supérieure (Dieu, l'Etat, la morale ... ) ;
Présence de tournures passives révélatrices d'une incapacité d'agir et de maîtriser le
problème.
6- Le registre dramatique
Du grec drama (action), il caractérise la montée d'une tension, une succession
d'événements violents.
On confond souvent tragique et dramatique dans le langage courant parce que ces
deux genres mettent en scène des conflits violents. Cependant, la tragédie nie la liberté
d'action du héros et aboutit à une issue fatale alors que le drame reconnaît aux personnages la
possibilité de prendre en main leur destin.
7- Le registre comique
Associe au genre de la comédie, le texte comique cherche a faire rire le spectateur.
Ses caractéristiques





Le comique de mots;
Le comique de répétition;
Le comique de caractère ;
Le comique de situation;
Le jeu sur les niveaux de langage.
8- Le registre satirique
La satire consiste a attaquer autrui au ses propos par la raillerie et l'indignation. 11 se
propose de dénoncer, sur un mode plaisant, les vices et les ridicules d'un individu ou de la
société. Il a une visée morale.
Ses caractéristiques
Le registre satirique repose sur une série de précédés d'expression destines à tourner en
dérision leur objet (une personne, une institution ... ) :
 La caricature: portrait dont les traits sont grossis jusqu'au ridicule pour mettre en
évidence un défaut physique ou moral et pour démystifier un personnage ;
 La parodie : imitation burlesque d'un texte célèbre;
 L'ironie: reposant sur l'implicite, elle consiste a se moquer de quelqu'un en
exprimant Ie contraire de ce que I' on pense. Elle permet autant de ridiculiser un être
que de montrer l'envers d'une situation;
 L'allusion: inscrivant un double sens dans le propos, elle est l'instrument de combat
subtil. Elle mentionne une chose, une idée ou une pensée pour en suggérer une autre.
9- Le registre polémique
Du grec Polemos (guerre), il consiste a attaquer de façon violente et agressive les idées
d'autrui.
10- Le registre fantastique
Tzvetan Todorov définit le fantastique comme "l'illusion de l'irréel dans la vie réelle".
Le lecteur hésite jusqu'a la fin du texte entre l'explication surnaturelle et l'explication
rationnelle des événements relates.
Ses caractéristiques
 Champs lexicaux du surnaturel, de la peur, de la mort, de la folie, des verbes de
perception et de sensation:
 Narration a la première personne et focalisation interne: ce qui permet au narrateur de
faire partager au lecteur ses doutes ;
 Modalisation liée a l'expression du doute ;
 Modes et temps verbaux de l'irréel.
11- Le registre oratoire
Du latin orator, (orateur), il caractérise le discours de celui qui veut impressionner et
persuader ses auditeurs ou ses lecteurs.
12- Le registre didactique
Du grec didaskein (enseigner), il définit le ton de l'auteur qui veut informer et
instruire ses lecteurs.
N.B.: Un auteur peut mêler plusieurs registres pour renforcer l'impact de son discours.
Par exemple, dans un texte argumentatif, on peut trouver des passages ironiques pour d'évaluer
la thèse combattue, des passages épiques ou oratoires pour valoriser la thèse à défendre, des
passages lyriques pour émouvoir le lecteur, des passages didactiques pour présenter les
argumentations.
Chapitre III : LES FIGURES DE RHETORIQUE
La rhétorique est l'art de bien parler. Les précédés de styles ou figures rhétoriques sont
au service de la pensée ou de l'impression qu'ils contribuent a exprimer. Il est donc nécessaire
de connaître les différents précédés et surtout d'être capable de les commenter.
Les figures de rhétoriques s'organisent selon quatre grands ensembles: la substitution,
l'analogie, la construction et la pensée.
1- Les figures de substitution
Elles consistent a remplacer un terme par un ou plusieurs autres termes.
La métonymie substitue a un terme un élément qui lui est lie par un rapport logique :
 La partie au tout: une voile (un bateau). On parle alors de synecdoque ;
 Le contenant ou contenu : boire un verre ;
 L'auteur a son œuvre: lire Dib ...
La périphrase substitue a un seul terme une expression toute entière.
Ex : Le roi de la foret (le lion)
2- Les figures d'analogie
Elles se fondent sur des rapports de similitude entre des éléments a priori différents.
La comparaison: rapprochement de deux éléments à partir d'un point qui leur est
commun, l'outil de comparaison étant explicite : comme, pareil à tel que, ainsi que ...
La métaphore : c'est une comparaison sans terme comparatif et souvent sans le
compare. Une métaphore filée est une métaphore qui se poursuit sur plusieurs termes dans un
texte. Le langage courant emploie sans cesse des métaphores ("un torrent de larmes'', "un vent
de folie", "un nuage de lait", "un fleuve de" ) sang ....
L'écrivain crée des rapprochements pour nous livrer des images révélatrices de sa
vision personnelle du monde.
L'allégorie est la représentation, sous les traits d'une personne, d'une réalité abstraite ("la
beauté est une belle femme")
3- Les figures de construction
Elles modifient l'ordre normal des mots dans la phrase.
L'anaphore : répétition d'un terme en tête de plusieurs phrases ou membres de phrases;
L'antithèse : opposition de deux termes ou expressions dans le disc ours rapproches
pour en faire mieux ressortir le contraste ;
Le chiasme : croisement de termes identiques dans un effet de miroir ("Bonnet blanc et
blanc bonnet") ;
L'ellipse: omission syntaxique ou stylistique d'un ou de plusieurs termes ;
L'oxymore: association de deux termes de sens contraires ("1'obscure clarté") ;
Le parallélisme : construction où des termes de même sens sont juxtaposés;
L'anacoluthe : rupture de la syntaxe "Exile sur Ie sol au milieu des huées, ses ailes de
géant l'empêchent de marcher" (Baudelaire, L'Albatros). Exilé ne renvoie pas a "ailés" mais
à l'albatros.
4- Les figures de pensée
Elles correspondent à des façons d'exprimer certaines structures de pensée.
L'antiphrase : déclarer le contraire de ce qu'on pense, pour lui donner plus de force;
L'apostrophe: interpellation spontanée ;
L'énumération: énonce successif d'éléments;
L'euphémisme : atténuation dune idée déplaisante ;
La gradation: disposition de plusieurs termes scion line progression de sens ou de longueur ;
L'hyperbole: amplification de termes afin de souligner l'idée ou la chose exprimée. On peut
parler d'exagération ou d'emphase :
La litote: précède contraire à l'hyperbole, la litote dit le moins pour suggérer le plus;
Le paradoxe: expression d'une opinons qui va à l'encontre de l'opinion communément
admise, du bon sens, de la réalité.
N.B. : Les figures de rhétorique et notamment celles de pensée sont utilisées pour mettre
en relief des idées. Elles sont fréquemment utilisées pour appuyer l'argumentation,
Ainsi, repérer les figures de rhétorique dans un texte, c'est relever les précédés
d'expression par lesquels Ie langage s'écarte de la simple fonction d'information.
CHAPITRE IV: LE LEXIQUE
C'est I'ensemble des mots, simples et composes, des tournures que possède une
langue et dont dispose un locuteur. Il lexique est souvent considère comme synonyme de
vocabulaire. Etudier le sens des mots et analyser les mécanismes qui permettent
l'interprétation des énonces relèvent de la sémantique.
1- Les champs lexicaux
Les mots, par leur répétition et leur rapprochement, créent des champs ou réseaux,
Quoique très proches, ces champs peuvent être classes en champ sémantique et champ lexical:
Le champ sémantique est fonde sur la polysémie : un même mot revient dans un texte avec
des sens différents. Par exemple, le mot "tête» Les différentes définitions du mot forment le
champ sémantique dont l'étude permet de dégager la richesse d'une expression ou d'étudier le
fonctionnement d'un jeu de mol:
Le champ lexical est forme par l'ensemble des mots se rattachant à un même thème ou a une
même notion. Ces mots peuvent appartenir a la même famille (avoir Ie même radical) ou
bien avoir des rapports d'ordre sémantique (synonyme, antonyme ... )
L'étude des champs lexicaux permet de dégager les thèmes dominants dans un texte.
Remarques
a) Plusieurs champs lexicaux peuvent se succéder ou se combiner dans un même texte :
b) Certains réseaux lexicaux, parce qu'ils sont fondamentaux, reviennent fréquemment dans
les textes
 Les cinq sens : vue, ouie, odorat, toucher, goût (dans une description, nous pouvons
trouver des verbes de perception, des couleurs, des parfums ... ) ;
 Les quatre éléments qui structurent l'imagination créatrice (cf. Gaston Bachelard) :
eau, terre, air, feu;
 L'appréciation: le mélioratif et le péjoratif ;
 Le déplacement : mouvement et immobilité.
A ceux-la, s'ajoutent les réseaux affectifs qui traduisent des sentiments: tristesse, joie,
peur, angoisse ...
c) On a deux sortes de termes dans le champ lexical:
 Le lexique de la désignation qui a une valeur informative et qui est compose de termes
exacts objectifs et concrets (a la limite des termes techniques)
 Le lexique de la caractérisation qui traduit les impressions, sensations et sentiment de
l'auteur et qui est compose de termes abstraits essentiellement.
e) Au lieu d'associer les réseaux, l'auteur peut les opposer afin de créer une tension
révélatrice des luttes et conflits présentes dans le texte ;
f) Afin de produire un effet poétique, l'auteur peut utiliser un champ lexical éloigne de ce
qu'il décrit, dans un processus de métaphorisation (exemple : décrire le mouvement des
vagues avec le lexique de l'équitation).
________________________________________________
1 Le vocabulaire concret désigne ce qui est perceptible par les sens et appartient au monde physique : c'est le vocabulaire des
objets, de l'action, de la nature, des sensations'{les cinq sens) ..
2 Le vocabulaire abstrait désigne ce qui est en dehors du monde sensible, ce qui est conçu par I'esprit : c'est Ie vocabulaire de
la pensée, de la réflexion, des émotions, des sentiments, de la psychologie.
2- Dénotation et connotation
La dénotation est le sens premier d'un mot tel qu'on le lit dans le dictionnaire. C'est un
sens minimal, objectif, rigoureux et neutre sur lequel tout le monde s'accorde. Les énonces
scientifiques sont toujours dénotes à la différence des textes poétiques qui sont fortement
connotes.
La connotation désigne les sens supplémentaires qui s'ajoutent au sens dénote. Ces sens
sont généralement construits par la culture du locuteur.
Par exemple le sang est le liquide vital: c'est la dénotation.
Le sang désigne la famille, l'honneur, les sentiments nobles: c'est la connotation pour un
locuteur de culture arabe.
Dans l'étude d'un texte, il est important d'identifier les connotations accompagnant
l'emploi de certains termes: elles révèlent les sentiments, les intentions et les valeurs du
locuteur.
CHAPITRE V : LE SYSTEME VERBAL
Le verbe étant Ie noyau dune proposition, il est utile de connaître les valeurs des modes
et des temps qui sont porteurs de sens.
1- Les modes
On distingue :
Les modes personnels qui se conjuguent selon les personnes : indicatif, subjonctif,
conditionnel. impératif :
Les modes impersonnels qui ne se conjuguent pas: infinitif, participe, gérondif
Leurs valeurs
 L'indicatif est le mode du réel et des actions certaines;
 Le subjonctif est Ie mode de l'irréel et des actions incertaines sur lesquelles pèse la
possibilité d'une non réalisation. L'action au subjonctif est en général placée dans une
subordonnée. Elle est introduite par une action exprimée par le verbe de la proposition
principale ;
 Le conditionnel exprime une action incertaine car soumise it la réalisation d'une condition;
 L'impératif exprime l'ordre, l'interdiction ou le conseil.
2- Les temps
a- Le présent
 exprime une action qui se produit au moment même où l'on parle: le présent
d'énonciation ;
 évoque une action qui vient de se produire (passe récent)
ou qui va se produire(futur proche) ;
 évoqué une habitude;
 exprimé une virité générale ;
 sert a actualiser une action passée, la rendre plus proche au lecteur ou a rendre vivant
un récit : présent de narration.
b- Le futur (futur simple, futur antérieur)
 exprime la probabilité d'une action qui va se produire ;
 revêt, quelquefois, une valeur proche de l'impératif (ordre ou conseil).
N.B. : Pour évoquer un futur dans le passe, on utilisera le conditionnel.
c- Le passe
L'imparfait
 exprime une action passée, non limitée dans le temps;
 exprime, dans un récit au passe, une action qui se répète, une habitude ;
 est utilise dans la description.
Le passe simple
 exprime une action limitée dans le temps;
 exprime une série d'actions brèves et ponctuelles qui se succèdent.
Le plus-que-parfait
 exprime une action antérieure a une action passée.
L'utilisation des temps permet d'établir la chronologie d'un énonce.
CHAPITRE VI : LA PHRASE
La phrase constitue un énonce de sens complet compris entre deux points. Un certain
nombre de phrases développant une même idée composent un paragraphe. La dernière phrase,
généralement brève, s'appelle "clausure".
On distingue la phrase selon son intonation, selon le nombre de verbes conjugues et
selon le niveau de langue.
1- Selon I'intonation
A l'écrit, l'intonation est traduite par la ponctuation. Il y a quatre types de phrases:
La phrase déclarative qui se termine par un point et qui généralement donne une
information;
La phrase interrogative qui se termine par un point d'interrogation et qui pose une
question. Quelquefois l'interrogation ne demande pas de réponses : ce sont des interrogations
rhétoriques ;
La phrase exclamative qui se termine par un point d'exclamation et qui exprime un
sentiment ou une sensation (peur, douleur, ... ) ;
La phrase impérative qui se termine par un point ou un point d'exclamation et qui
exprime l'ordre, l'interdiction ou le conseil.
L'utilisation des types de phrases ajoute au sens du texte :
 La présence uniquement de phrases déclaratives peut signifier la neutralité de
l'énonciateur qui ne veut montrer aucun sentiment;
 La présence de phrases interrogatives, exclamatives et impératives signale
l'importance des sentiments et des émotions;
 Les interrogations rhétoriques contribuent à impliquer le lecteur dans le texte, le
poussant à deviner la réponse qui est implicite.
2- Selon le nombre des verbes conjugues
Une phrase peut se limiter a un mot, une proposition ou s'organiser autour d'un système
de propositions subordonnées.
a- La phrase nominale
Elle ne comprend aucun verbe conjugue et peut se réduire a un seul mot.
 elle traduit des idées fermes et l'expression d'une pensée qui s'exprime aussitôt que
conçue ;
 elle sert, quelquefois, à noter des impressions lapidaires : plusieurs phrases nominales
enchaînes les unes aux autres produisent un effet de dislocation de la parole et de
dispersion du sens.
b- La phrase courte
Une phrase est dite courte par rapport aux phrases qui l'encadrent quand sa longueur ne
dépasse pas un ou deux mots. Elle peut traduire une pensée riche et profonde. Par son
économique et sa précision, elle frappe l'imagination du lecteur.
e- La phrase simple
Elle est généralement composée d'un sujet, d'un verbe conjugue et d'un complément. La
phrase simple décompose la pensée, Elle vise à la précision et à l'expression de l'essentiel
d'une pensée, Quelquefois elle produit une impression de sécheresse,
d- La phrase complexe
Elle comprend plusieurs verbes conjugues. Elle est formée soit de:
 Plusieurs propositions indépendantes juxtaposées (reliées par des virgules ou des
points-virgules) ou coordonnées (reliées par des conjonctions de coordination) :
 Une proposition principale et des propositions subordonnées (relative. conjonctive.
interrogative).
La phrase complexe suppose une hiérarchisation dans la pensée, une logique qui
combine les idées les unes aux autres. Elle témoigne d'une pensée élaborée.
3- Scion les niveaux de langue
Le niveau de langue concerne à la fois la syntaxe et Ie lexique. Aussi est-il étudie dans
ce chapitre qui traite de la phrase.
II existe trois niveaux de langue au style:
a- Le langage soutenu
Le langage soutenu repose sur la complexité des phrases, sur la caractérisation et sur
l'originalité des images.
Ses caractéristiques
 Le vocabulaire est recherche. très riche (mots rares. vieillis et rarement utilises) ;
 Des mots au expressions sont crées ;
 La syntaxe, respectant les normes établies par les grammairiens, est élaborée : les
phrases sont longues et complexes (plusieurs subordonnées) ;
 Certains temps rares, comme I'imparfait du subjonctif ou le passe 2e forme du
conditionnel sont employés.
b- Le langage courant
Le langage courant respecte la concordance des temps, ne cherche pas d'effets
particuliers mais vise a la précision et à l'efficacité.
Ses caractéristiques
 Le vocabulaire est simple et courant;
 La langue est correcte ;
 Les phrases sont simples et rarement complexes.
c- Le langage familier
Le langage familier est fonde sur interjection, l'exclamation, la rupture syntaxique,
les répétitions, les néologismes, les jeux de mots, les ellipses.
Ses caractéristiques
 Le vocabulaire est restreint et quelquefois argotique ;
 Les syllabes peuvent être avalées et les mots déformes ;
 La syntaxe est minimale mais l'intonation compte beaucoup.
Pour étudier le niveau de langue d'un texte, il faut donc examiner a la fois le lexique et
la syntaxe.
Le niveau de langue est souvent en accord avec le monde évoque dans Ie texte. En
jouant sur les registres de langue, les auteurs ont pu typer leurs personnages, montrer leurs
émotions et marquer les différences sociales.
Auteur
Document
Catégorie
Uncategorized
Affichages
0
Taille du fichier
441 KB
Étiquettes
1/--Pages
signaler