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Atelier du 13-14 juillet à Tanger sur « Etat des lieux de la

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Atelier du 13-14 juillet à Tanger sur « Etat des lieux de la recherche en sciences
sociales sur le changement climatique en Méditerranée », avant la MedCop
des 18-19 juillet 2016 de Tanger.
Objectif de l’atelier : élaborer une bibliographie critique reflétant l’état des lieux de la
recherche en sciences sociales sur le changement climatique en Méditerranée.
La Méditerranée, comme d’autres régions du monde, est sujet à des variations climatiques qui
se manifestent à travers différents phénomènes dûment identifiés: pollution de l’air, problèmes
du littoral, la question de l’eau ( les thématiques liées telles la sécheresse, les inondations, les
vagues de froid ou de chaleur, les grands travaux hydrauliques…), la forêt, la désertification,
les oasis , les villes, les déchets solides, le phénomène migratoire, les énergies fossiles et
énergies renouvelables, l’impact sur l’univers agricole, sur les industries… Les répercussions
des variations climatiques sont importantes, sur la nature mais aussi sur les êtres humains, les
sociétés, les Etats, les dimensions politiques, économiques, sociales et culturelles, les
institutions, les normes juridiques, les modes de gouvernance…
Un premier angle d’approche concerne l’évaluation de la place des sciences sociales dans
la connaissance du changement climatique. De ce fait le changement climatique ne peut être
l’objet des seules sciences naturelles, de la physique, de la biologie, de la
météorologie…Jusque là physicisme, biologisme, et autres scientismes ont primé. L’expert du
changement climatique a le plus souvent pris le visage d’un géophysicien, d’un ingénieur, et
la problématique a été principalement le fait des sciences dures. Une idée largement répandue
est que les sciences sociales ont été (ou se sont) marginalisées. Une importante littérature
atteste cependant de l’apport en termes de savoir de chercheurs spécialisés en droit, en
économie, en histoire, en géographie, en sociologie ou encore en sciences politiques et en
relations internationales. Le changement climatique produit des effets sociaux, politiques et
culturels et souvent des conflits, parfois même des guerres. En effet, l'anthropologie de la
violence, les études sur la sécurité s'intéressent aux nouvelles « Guerres du climat ».
D’un autre côté, le lien entre le climat et les dimensions objets des sciences sociales est
manifeste et sollicite l’attention dans une perspective multidisciplinaire. Des problèmes sociaux
généralement imputés au changement climatique, tel que le manque d’eau, s’expliquent
souvent par des facteurs d’ordre social. Le climat change avec les comportements sociaux qui
ont également un impact sur le climat et nécessitent donc d’être investis par la recherche et
l’analyse. Les processus en cours sont déterminés par les besoins croissants des parties
urbaines et mégalopoles du monde. Il est significatif que de nombreux standards
environnementaux et d’origine non gouvernementale apparus au cours des dernières
décennies font partie d’un système complexe d’influences entre Etats, politiques publiques,
monde privé, marchés, société civile. Les standards ont une faible prise sur les dynamiques
sociales, économiques et démographiques. Comment les figures du changement climatique
s’intègrent-ils les au sein des traditions, culturelles, artistiques, religieuses..? L’implication des
sciences sociales dans la recherche sur le changement climatique apparaît même plus
accentuée sur l’attitude, la socialisation, des gens par rapport au changement climatique, leurs
perceptions leurs représentations du phénomène selon les zones géographiques où ils vivent,
et l’impact probable du changement climatique sur les modes de vie, les comportements en
particulier parmi les couches socialement marginalisées.
Une autre perspective parait déterminante concernant la place des sciences sociales.
L’enjeu est de concevoir par quels processus les connaissances des sciences de la nature et
de la société s’agencent à des fins de prise de décision du changement climatique au niveau
national et local. Les choix normatifs et la prise de décision exigent l’intervention des socialscientifiques. Agir sur les effets du changement climatique semble exiger le concours de
scientifiques de nombreuses disciplines. Comment les politiques nationales de certains pays
subissent-elles puis s’adaptent-elle au développement de standards et normes internationaux,
et des négociations internationales ? Quelle est la capacité des Etats de la Méditerranée à
«reconceptualiser», à « revisiter » ces dynamiques internationales pour les accorder à leurs
spécificités locales, parfois afin de les éviter pour mieux répondre aux réalités démographiques,
politiques et économiques qui s’imposent en priorité à eux,? La question de la gouvernance
appelle davantage d’interactions entre les sciences naturelles et les sciences sociales. Peuvent
être cités ici à titre d’exemple ces ingénieurs agronomes qui, étudiant les effets du stress
thermique et hydrique sur la croissance des plantes, ont peu pris en considération le point de
vue des cultivateurs sur le changement climatique et leurs tentatives individuelles ou
collectives pour s’adapter. Des recherches ont montré aussi par exemple que la politique de
reforestation avait augmenté la demande en eau, au lieu de la faire baisser, les mesures
avaient en effet restreint l’accès des petits éleveurs aux pâturages d’altitude dans les régions
montagneuses, obligeant des communautés pastorales et nomades à se rabattre sur
l’agriculture dans les plaines, d’où une augmentation de la demande en eau..
Cet atelier constituera un cadre de débats sur la contribution des sciences sociales à l’étude
du changement climatique en Méditerranée. A la veille de la tenue de la Cop 22 à Marrakech,
où en est-on? La compréhension de ces phénomènes et leurs impacts sur les pays
méditerranéens, leur résolution, nécessitent de dresser un état des lieux de la recherche en
sciences sociales sur le changement climatique dans la région.
Concrètement, l’objet de l’atelier est d’élaborer une bibliographie critique rendant compte de
l’état des études et recherches faites sur le changement climatique en Méditerranée. Chaque
groupe de chercheurs traitera un des thèmes ou sous-thèmes choisis (eau, désertification,
déforestation, pollution…) liés au changement climatique, du point de vue des sciences
sociales. Le document restera perfectible, et pourra évoluer au cours des étapes futures. En
outre il est proposé que les travaux de l’atelier fassent place, outre aux échanges sur la
bibliographie critique, à trois axes de réflexion: 1) la place des sciences sociales dans la
connaissance, la communication et la délibération sur le changement climatique en
Méditerranée ; 2) les liens entre dynamiques sociales, développement local et changement
climatique; 3) les sciences sociales, l’éthique sociétale, les valeurs culturelles et la gouvernance
en matière de changement climatique.
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